Cinema
Critique: End of watch, film d’action pseudo réaliste benêt à la gloire de la police de LA

Critique: End of watch, film d’action pseudo réaliste benêt à la gloire de la police de LA

16 novembre 2012 | PAR Gilles Herail

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End of Watch a connu un accueil critique très indulgent aux États-Unis, (et aussi en France de manière surprenante) passant pour un film d’action moderne et efficace, au réalisme saisissant. Si la complicité des du duo d’accteurs Jake Gyllenhaal et Michael Pena, est indéniable, le film déçoit par son esthétique à la Cloverfield vue et revue et une naiveté confondante bardée de clichés, sans aucun recul sur son sujet. Pas si fun.

Les films d’horreur ont mis plusieurs décennies à redécouvrir les joies du vrai/faux film initié par Le Projet Blairwitch. Paranormal activity a su exploiter la bonne idée qui a dépassé le genre avec le très réussiDistrict 9 et le plus anodin Cloverfield. L’image crasse et la caméra tremblante sont devenues terriblement à la mode et pullulent dans des films qui cachent leurs maigres moyens et leur faible ambition par une technique surestimée.

End of watch s’inscrit à fond dans cette tendance, prétextant un film dans le film tourné par le personnage principal qui souhaite mettre sur pellicule son expérience de policier combattant les gangs dans les quartiers pauvres de Los Angeles. Le film commence bien avec une scène de poursuite embarquée efficace et une complicité évidente des deux acteurs principaux qui donnent un vrai sentiment de proximité. Mais malgré l’efficacité de certaines scènes d’action, le filmage façon reportage de Vis ma vie et une vision de la police du même acabit lasse rapidement.

Montrer les policiers sous un visage positif n’est évidemment pas un crime, c’est même plutôt une bonne idée. Mais le film sent trop l’adoration naive des gentils combattant la loi des gangs, soulignant à l’extrême les valeurs d’amitié virile et d’héroisme jusqu’à la nausée. L’ensemble des autres personnages sont carricaturés à l’extrême malgré le pseudo réalisme vendu par la réalisation. Sur un sujet et une technique apparament proches, Maiwen réalisait Polisse. Une véritable mise à nue d’un commissariat et d’une équipe de policiers, filmée de leur point de vue, aussi caméra à l’épaule mais avec un réalisme confondant. End of watch n’avait bien sur pas l’ambition artistique de Polisse. Mais il n’est pas non plus aussi fun qu’un nanar d’action pro police à la Chuck Norris, car il se prend trop au sérieux. Les Dirty Harry et autres films de justicier solitaire étaient certainement réacs, mais toujours avec une pointe d’ironie sans donner de leçons aux spectateurs. End of Watch se retrouve donc en deux et n’a pas grand intérêt. Quitte à vouloir du voyeurisme et du spectaculaire, autant regarder les scènes de poursuite diffusées en direct sur la TV américaine, avec fusillades et frissons à l’appui.

GIlles Hérail

End of Watch, un thriller américain de David Ayer avec Jake Gyllenhaal et Michael Pena, durée 1h48, sortie le 14 novembre 2012,

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Gilles Herail

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