Cinema
[Arras Festival] « Silent Sonata » : pas assez de frissons, mais des fulgurances

[Arras Festival] « Silent Sonata » : pas assez de frissons, mais des fulgurances

12 novembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

A l’Arras Film Festival, on est toujours heureux de découvrir un film au parti-pris tranché. Présenté dans la section « Visions de l’Est », Silent Sonata en est un. S’il déçoit un peu au final, il intrigue tout du long.

[rating=3]

Silent SonataDe Silent Sonata, on gardera en tête des fulgurances : un concours de numéro de cirque opposant deux hommes à un char d’assaut, par exemple. Ou les râles d’un vieillard agonisant dans une maison en ruine, qui résonnent de façon terrible… C’est qu’il n’y a absolument aucun dialogue, aucun mot prononcé, dans ce film du réalisateur slovène Janez Burger. Certains passages n’en sont que plus forts, par effet de contraste.

Le cadre de l’histoire surprend lui aussi : une maison de bois croulante, au milieu d’une steppe déserte. Ses occupants – un père et ses deux enfants – voient débarquer un cirque. Les saltimbanques, nombreux, vont réenchanter un peu le paysage. Et aider la famille à oublier un fantôme, qui rôde. Cet esprit qui se manifeste constitue une belle idée.

L’ennui, c’est que malgré son parti-pris, le film n’aboutit pas totalement. Il étonne, par ses effets de contraste, mais ne dépasse pas l’idée de réenchantement du réel. Les rebondissements finissent par apparaître déjà-vus. Et curieusement, lorsque le cirque livre enfin une vraie représentation, le film se précipite : malgré le talent des artistes, et la qualité de la réalisation, on n’est pas happé par le spectacle. Tout file trop vite, on n’a pas le temps d’être enchantés. A la différence des quelques moments magiques qu’avait su nous offrir, auparavant, Janez Burger : sobres, bien mystérieux, porteurs d’un vrai talent.

Silent Sonata repasse le 13 novembre, à 17h15, au Festival International du Film d’Arras, qui se prolonge jusqu’au dimanche 15 novembre.

Silent Sonata trailer from Alenka Nahtigal on Vimeo.

Silent Sonata, un film de Janez Burger. Avec Leon Lucev, Luna Zimic Mijovic, Devi Bragalini, Marjuta Slamic, Pauliina Räsänen, René Bazinet, Yannick Martens… Slovène, Durée : 1h17.

Visuel : © Staragara

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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