A l'affiche

John Carpenter en deux villes et deux films pour les fêtes

John Carpenter en deux villes et deux films pour les fêtes

26 décembre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Alors que Splendor Films ressort sur grand écran les films du maître de l’horreur et de la série B relevée au rang de prouesse indé. Après Fog, Halloween et Le prince des ténèbres en octobre, c’est au tour du diptyque sur les métropoles américaines New-York 1997 et Invasion Los Angeles de renaître aux salles françaises les 19 décembre 2018 et 2 janvier 2019. 

[rating=3]

Lorsqu’il imagine New-York en 1981, John Carpenter en fait une île-prison à ciel ouvert. Dans un 1997 projeté, l’avion du Président, Air Force 1 s’y écrase. Un prisonnier de droit commun, Sanke Plissken (mythique Kurt Russel) a un temps limité pour ramener le Président et racheter ses fautes. Il entre sur l’île-prison de Manhattan et c’est le début d’une course-poursuite qui ne s’arrête pas. 

En 1988, cap sur Los Angeles en un temps de dépression économique et place au catcheur Roddy Piper dans le rôle de John Nada, un homme qui cherche un emploi et s’installe dans un bidonville près d’une église évangélique. Des lunettes spéciales lui permettent de découvrir que les extra-terrestres se sont glissés parmi les humains. Hideux, obsédés par le capital et exploitant les hommes, ils sont prêts à tout pour faire valoir leur ordre aliénant de monde.  Mais c’est sans compter le courage et la résistance du héros… 

A la fois complètement baroque et parfaitement minimal, le monde de dystopie culte et populaire imaginé par John Carpenter semble manichéen : des héros aux gros bras, une course poursuite contre la montre et critique marxiste des Etats-Unis de Reagan. Mais dès qu’on y regarde de plus près, les choses sont plus complexes : aura et rencontres à tonalité gay des héros, ironie peut-être sur la manière dont eux-mêmes partent bille en tête et obéissent à un contre-ordre qui ressemble beaucoup à un autre ordre.

Alors que certains thèmes de misère et mécontentement de certains citoyens  mis au ban ou exploités font écho au populisme de notre époque, dommage que  les costumes, des dialogues et l’image – même restaurée en 4 K- soient un peu datés. A revoir néanmoins sur grand écran, avec nostalgie et enfance : ne boudez pas votre plaisir lors de la grande scène de catch gratuite et joyeuse de Invasion Los Angeles. 

New-York 1997, de John Carpenter, avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, États-Unis, 1981, action, 94 min. Ressortie Splendor Films, le 19 décembre 2018.

Invasion Los Angeles (They live), de John Carpenter, avec Roddy Piper, Keith David, Meg Foster, États-Unis, 1988, Science-fiction, 93 min. Ressortie Splendor Films, le 2 janvier 2019.

images : photos officielles (c) Splendor Films

« Wax », à mi-chemin entre spectacle et arts plastiques
J’aime Valentine mais bon… de Rudy Milstein au Théâtre Lepic.
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *