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[Critique] Des escargots et des hommes à l’Etoile Saint Germain

[Critique] Des escargots et des hommes à l’Etoile Saint Germain

28 novembre 2014 | PAR Smaranda Olcese

Après une sortie très remarquée en Roumanie et un beau parcours dans les festivals internationaux, avec des prix à la clé à Chicago, Los Angeles, Valladolid, Varsovie ou encore Saint Petersbourg, le film Des escargots et des hommes arrive enfin à Paris. Son histoire traite sur un mode burlesque, léger et enjoué des problèmes qui ne sont pas sans résonner avec le contexte français actuel, où sur fond de crise structurelle, le Gouvernement s’était affublé jusqu’au dernier remaniement d’un Ministère du redressement productif.


Des escargots et des hommes_Affiche

Mickael Jackson descend de son jet privé posé sur le tarmac de Bucarest. Des milliers d’adolescentes hystériques guettent son arrivée derrière des barrières de sécurité. Les images d’archive portent le grain des années 90. Tudor Giurgiu a choisi d’ancrer son film dans cette époque particulièrement chahutée et trouble que la Roumanie a connu après l’effondrement de la dictature, période où l’ouverture à tous les possibles tutoyait parfois directement la frustration et la déception. C’est bien évidemment une problématique sociale, malheureusement toujours d’actualité partout en Europe, qu’aborde Des escargots et des hommes, mais son réalisateur privilégie les couleurs acidulées, les coiffures ringardes, le kitch des salles de bingo ou karaoké provinciales, un ton détaché, non conventionnel, irrévérencieux.
Leur usine est en train de fermer. Le directeur corrompu est sur le point de la vendre pour une bouchée de pain et un gros pot de vin. Jean François et Robinson Stévenin, le père et le fils réunis pour la première fois à l’écran, campent les liquidateurs français sans scrupules, qui finissent par s’embourber dans les méandres de la société provinciale. Menés par un charismatique et turbulent représentant syndical, les ouvriers ne se laissent pas berner par le faux projet de fabrique de conditionnement d’escargots et décident de prendre les choses en main. D’une bien particulière manière. Ionut Teianu, l’auteur du scénario original, avoue s’être inspiré d’un fait divers, déclaration d’un véritable leader syndical, restée sans suite. La solution pour racheter l’entreprise est désespérée, mais néanmoins cocasse : les ouvriers vont devenir donateurs d’une banque de sperme occidentale. A ce moment le film bascule vers un Full Monty à la roumaine, couronné d’une épique expédition à la capitale.
On rit souvent, d’un rire qui se teinte de nuances parfois nostalgiques, parfois amères. On goute la légèreté sans que personne ne soit dupe de la complexité des choses. On quitte le film vitaminé de l’énergie de ces gens qui ne veulent pas baisser les bras.

Des escargots et des hommes sera à l’affiche du 10 au 17 décembre au cinéma Etoile Saint-Germain, pour la séance de 11h.

Fiche technique

Titre français : DES ESCARGOTS ET DES HOMMES
Titre original : Despre oameni si melci
Réalisé par : Tudor Giurgiu
Scénariste : Ionut Teianu
Producteur / distributeur : AGAT Films & Cie
Coproducteur : LIBRA Film
Avec : Andi Vasluianu, Monica Birladeanu, Dorel Visan, Jean François Stévenin, Robinson Stévenin
Genre : Comédie
Durée : 1h33
Année de production : 2012
Nationalité : Française / Roumaine
Langue : Version originale (roumain, français, espagnol) sous-titrée français

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Smaranda Olcese

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