Arts

Le programme de la MEP nouvelle édition!

22 décembre 2010 | PAR Tiphaine Fatou

Après un cycle entièrement consacré au Mois de la Photo, la MEP revient à partir du mois de février 2011 avec des expositions engagées qui nous font tourner autour d’une planète toujours mouvementée. Un peu en marge, l’exposition sur les collages de Jacques Prévert qui nous fait découvrir une partie insolite de l’écrivain qui s’attacha d’amitié avec les surréalistes.

Du 9 février au 10 avril 2011, la Maison Européenne de la Photographie accueille les productions de 5 artistes qui renouvèlent le champs de la photographie de par leurs regards parfois incisifs, en marge et au cœur même de l’humanité.
Pour commencer, nous pourrons aller voir les photographies de Vincent Rosenblatt réunies sous l’exposition Rio Baile Funk. Fasciné par le Brésil et par la classe la plus en marge de la société, Vincent Rosenblatt creuse dans ce pays sur la fragmentation sociale qui est présente entre cette classe et la ville au sens large du terme. Après avoir travaillé sur les clivages entre les favelas et la ville officielle, il se rend compte de l’absence de mesures en faveur des favelas et décide d’entamer Rio Baile Funk. Il ère alors autour de ces zones interdites, véritables microcosmes où la vie se déroule au son des soundsystems et tente de capter l’essence d’une certaine liberté.
Dans un autre genre, Hervé Guibert est pour la première fois présenté en France avec l’exposition Photographe. Un titre épuré qui rappelle la double casquette de cet écrivain. On pourra voir plus de deux cent images de l’auteur ainsi que son film La Pudeur et l’Impudeur. Le travail photo que produira Guibert sera centré autour du sida, maladie qui l’emporta en 1988. Il photographie son corps malade et réalise par là même son film. Beaucoup qualifieront l’écriture de Guibert comme viscérale mais on peut dire que paradoxalement, ses photographient se composent avec pudeur, en creux. On y voit la trace d’un corps fantôme qui disparaît au fur et à mesure. Une exposition à ne pas manquer.
Les photographies de Marc Trivier pour l’exposition Photographies 1980-2010 remontent elles aux années 80, où il réalisa une série de portraits d’artistes et d’écrivains qu’il faisait en général poser chez eux. Trivier pose la question de la présence et de l’absence. Il joue avec les deux termes qu’il manipulent si bien qu’on se pose toujours des questions face à ses photos. Il réalisera par la suite des photographies de scènes d’animaux allant à l’abattoir. Le genre de Trivier lui vaudra une reconnaissance quasi instantanée et internationale. Un artiste à l’œuvre d’une grande richesse et des images pleines de force et de mystère.
Pour cette nouvelle saison, la MEP propose également l’exposition Vietnam qui regroupe les photographies d’Henri Huet. Ce dernier témoigne ici avec ardeur du conflit meurtrier qui opposa l’Amérique au Vietnam, où les hommes en sont les tristes acteurs. Photographe de presse et enfant d’un père français et d’une mère vietnamienne, Huet ne lâche pas son appareil et ose l’affront. Il donne à voir son regard sur une Amérique en guerre.
Enfin, la MEP dévoile les collages de Jacques Prévert, insoupçonnables jusque là. Avec Collages, c’est les nombreux travaux réalisés depuis 1943 en parallèle de son activité poétique qui s’offriront à nos yeux. Prévert découvre ici un nouveau moyen d’expression où il peut aller peut-être plus loin qu’avec l’écriture. Ses collages auront pour certains un caractère éminemment politique. Il se passionnera pour les surréalistes dont il dira que Max Ernst est le roi mage du collage. A voir!

(c) Vincent Rosenblatt

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Tiphaine Fatou

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