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L’identité de Nars-eddine Bennacer en niveaux de gris au Studio 10

L’identité de Nars-eddine Bennacer en niveaux de gris au Studio 10

02 juin 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A un mètre de la rue Cremieux, la rue la plus « instagramée » de Paris, se niche une toute petite galerie, un atelier en réalité, le Studio 10, qui accueille en ce moment les oeuvres sombres et pourtant lumineuses de Nasr-eddine Bennacer

Le Studio 10 a la particularité d’organiser des rencontres entre des commissaires et des artistes qui n’ont jamais travaillé ensemble. Cette belle idée est une initiative de la jeune agence Maison Gersaint. Pour cette seconde aventure, la première était une exposition de l’artiste Gérald Foltête curatée par Grégoire Prangé, Marianna de Marzi expose Nasr-eddine Bennacer. 

Dans le petit espace tout blanc, nous sommes d’entrée saisis par une sculpture faites de pics en verre. Ce sont des crochets. On pourrait même y voir une ancre de bateau. Mais qui s’y frotte s’y pique. Tout est là. Partir c’est bien, c’est nécessaire. Mais faut-il tout couper ?  L’artiste montre que non dans une vidéo au cœur d’une installation dans une valise, évidemment, une valise, où on le voit danser dans une djellaba ayant appartenu à son père ou à son grand-père. 

Sur les murs, il y a des toiles en noir et blancs, l’une est une lettre, qui semble avoir été délavée. Et pour cause, c’est la lettre d’un condamné, d’un exilé sachant qu’il allait mourir noyé, pour « juste » avoir tenté de fuir une guerre. 

Partir, c’est bien, encore faut-il que ce soit possible, même quand c’est inéluctable.

Dans des peintures comme des assiettes, celles qui font joli dans les bars à cocktails ou alors, celles que l’on trouvait dans les appartements des années 60, au choix, on voit une femme « orientale », en petits morceaux. Comme chacune des oeuvres de Nars-eddine Bennacer, c’est d’abord beau avant d’être glauque. La femme est ici objectivée, invisibilisée de part son morcellement.

Une oeuvre belle et politique. Une oeuvre triste et politique. Voilà ce qu’expose de façon nette et claire Marianna de Marzi au Studio 10. Allez-y, c’est ouvert jusqu’au 27 juin.  Le samedi et le dimanche de 11h à 17h et les jeudis et vendredis sur rendez-vous.  Le Studio 10 se trouve 10 rue d’Austerlitz, dans le 12e.

 

 

 

 

Visuel :© Yaël Hirsch

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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