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La grande année, exposition de Fabien de Chavanes : des expériences de l’image vers sa matérialité

La grande année, exposition de Fabien de Chavanes : des expériences de l’image vers sa matérialité

01 décembre 2020 | PAR Pauline Lisowski

Les œuvres de Fabien de Chavanes révèlent un processus à l’œuvre qui compose et engendre des formes. L’artiste joue sur le double et les associations identique/différent, matériel/immatériel, unité/multiple. Au cœur de sa démarche artistique se révèlent différentes expérimentations du support photographique à partir duquel il travaille sur divers espaces.

Depuis sa série Puits carrés, ses compositions acquièrent en complexité. Il s’inspire des motifs géométriques, décoratifs et notamment de la mosaïque pour faire surgir ses images, particulièrement dans sa série Opus Tessellatum. Un système semble générer des ensembles composés d’un même motif où l’espace du carré est devenu pixel. Il expérimente de plus en plus sa matérialité.
De son expérience de performeur et de danseur, il suggère le temps dans ses œuvres, un déplacement du corps dans un espace restreint. Le corps se mesure à une dimension identique mise à l’échelle selon ses œuvres. Il disparait au profit d’un signe démultiplié et proportionné dans différents cadres, espaces de supports variés.

Ses œuvres nécessitent qu’on s’approche pour saisir ses images sources. Un va et vient du proche au lointain nous amène à une circulation du regard dans l’image. Une partition se dévoile, celle d’une chorégraphie en rond d’un corps à l’intérieur d’un espace. Le signe se déploie dans l’image. Le corps devient point, partie invisible d’un être en croissance ou atome à l’origine de la vie sur terre. Ses images, notamment Pneûma, suggèrent le développement de la vie, du corps humains et de celui des plantes.

Récemment, il affirme la matérialité de l’image en travaillant avec du papier froissé pour accentuer la volumétrie. La notion de vie est plus présente dans ses dernières œuvres marquées des traces du geste de l’artiste. Ses silhouettes réalisées à partir de matériaux issus d’une transformation, tels du sable, convoquent les notions de trace, d’histoire et de transformation du corps.
Sa série de tressages de deux photographies crée un nouveau corps, un binôme négatif/positif. Ses œuvres d’une plus grande rapidité d’exécution font aussi écho à la constitution de l’image numérique.

Dans ses images se découvre un passage de la figure humaine vers le signe et la forme géométrique, de l’espace matériel vers l’espace immatériel. L’artiste creuse l’intérieur du support photographique, le déconstruit pour composer un corps commun. Le fragment, la répétition d’un corps-signe constitue un tout, une identité collective. Ses œuvres condensent également une réflexion sur le caractère multiple et unique de la photographie. Au-delà, elles évoquent le cycle de la vie, les questions identitaires et d’héritage culturel.

Galerie Ségolène Brossette, jusqu’au 6 décembre 2020

VISUELS:

Codex : Série Codex, Ensemble de Cantor, 2019

N° 19 Sand, 2020

N°4 Different, 2020

opus tessallatum Ensemble Speira, 2014

Inkjet print on baryta paper 39 2/5 × 39 2/5 in 100 × 100 cm Edition of 10

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