Arts
Fra Angelico ors et âme

Fra Angelico ors et âme

14 octobre 2011 | PAR Géraldine Bretault

Le Musée Jacquemart-André rend hommage à Fra Angelico en proposant une exposition dense et didactique. Grâce aux contributions de grands musées italiens, dont les Offices de Florence, ses prédécesseurs et ses proches collaborateurs figurent au menu des réjouissances.

« Peintre des lumières » s’il en est, Fra Angelico a connu un immense rayonnement dès son avènement, au cœur de la Florence du Quattrocento. Car sa force a sans doute été de savoir allier une technique infaillible sur tous les supports, de l’enluminure aux retables et aux fresques, à une ferveur puissante et sincère. Avec un talent particulier dans le maniement de l’or, matériau hautement prestigieux à cette époque. Ainsi, loin de vivre reclus dans une foi pleurnicharde, tel que Vasari a bien voulu nous le dépeindre, Fra Angelico était un homme curieux, qui s’intéressait de près aux avancées de ses contemporains en matière de représentation de la perspective.

Tous traits que l’on retrouve dans sa Thébaïde, présentée dans la première salle, dans laquelle l’équilibre de sa composition, la justesse des rapports entre les architectures et les personnages, ainsi que la délicatesse des couleurs érigent le cénobitisme en art de vivre empreint d’humanisme.

 

Parmi ses maîtres, on compte Paolo Uccello, dont le musée conserve un très beau Saint Georges terrassant le dragon. Mais aussi un autre moine, Lorenzo Monaco, avec qui Fra Angelico partage son goût pour le gothique international finissant, qui porte encore la marque des influences du Nord de l’Europe.

Fra Angelico fera beaucoup d’émules, dont Zanobi Strozzi. Plus que des assistants serviles, il s’agit d’admirateurs, avec qui Fra Angelico partage ses secrets, et qui en retour l’aident à compléter ses commandes monumentales. Une organisation sans doute inspirée des guildes alors très présentes dans la cité.

Son chef-d’oeuvre reste sans conteste le décor à la fresque réalisé au monastère de San Marco de Florence, où il résidait. Si la vidéo présentée en préambule de l’exposition est une mise en bouche des plus appréciables, nul doute que vous quitterez les lieux avec l’envie d’aller en juger sur pièce.

 

 

Visuels :

Le Couronnement de la Vierge, © 2010. Photo Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

Thébaïde, © 2011. Photo Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

Naissance et vocation de saint Nicolas aumône aux trois jeunes filles pauvres, © 2011. Photo Scala, Florence

 

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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