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Paul Mc Carthy expose la démesure de l’abject à la Monnaie de Paris

Paul Mc Carthy expose la démesure de l’abject à la Monnaie de Paris

24 octobre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

 

C’est l’histoire d’un mormon né dans l’Utah, deux jours avant Hirsoshima. C’est l’histoire d’un même gars qui a ensuite déménagé à LA pour toucher de près le rêve américain. Désabusé, il se replie sur l’art, le vrai, celui qui fait mal et donne la nausée, et cela sans lien direct avec les 43% de gras que contient le matériau principal de cette exposition de Paul Mac Carthy, la Chocolate Factory, qui dégouline à la précieuse Monnaie de Paris jusqu’au 4 janvier

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Quel est le symbole de la surconsommation ? Noël et les sex-toys semble répondre le sculpteur Paul Mc  Carty en reliant les deux. Le parallèle est assez évident entre les jouets pour petits et ceux pour les grands, et le fil est tout tissé de chocolat à 70% de cacao  : le désir et son miroir, la frustration.

Dans les ors de la Monnaie dont la fonction est de fabriquer l’argent, Mc Carty expose une usine à chocolat. On entre par une forêt de godes gonflables gonflés, dont le désormais tristement célèbre Tree, le bruit des moteurs est assez assourdissant et l’effet fonctionne à plein tube. Ici, c’est l’usine, la vraie, où les petites mains perruquées en blondes travaillent à la chaîne et empilent jusqu’au delà du débordement des petits pères noël et les célèbres « tree » ou plug anaux.

Il y  aussi la voix de l’artiste et sa rage, puisqu’on l’entend parler ou plutôt crier, râler les insultes qu’il a reçues suite à l’érection de son oeuvre place Vendôme.

L’exposition est très choquante. Le gâchis évident, et c’est exactement cela que l’artiste a souhaité montrer. Entonnement, la Chocolate Factory est révoltante, mais elle séduira surement ceux qui ont frappé l’oeuvre et l’artiste en début de semaine, car le chocolat, c’est charmant et alléchant non ? Ici, le miroir sémantique est total entre la société de surconsommation et le lieu qui fabrique l’argent. D’ailleurs, ces oeuvres comestibles sont en vente, comptez 50 euros pour un Tree ou un Santa.

La Monnaie de Paris démontre ici qu’elle peut être un incontournable de l’art contemporain tout en installant une relation manufacturière à l’art : Mc Carthy a frappé sa propre monnaie et ce sera le cas pour tous ceux qui vont suivre, Chantal Ackerman par exemple.

Visuel : ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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