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Passez « de l’autre côté du miroir » avec le Musée de Valence et ses merveilles

Passez « de l’autre côté du miroir » avec le Musée de Valence et ses merveilles

27 juillet 2018 | PAR Lucile Brusset

Jusqu’au 27 janvier 2019, le Musée de Valence accueille une exposition inédite qui lève le voile sur les collections du musée, jusqu’alors restées dans le secret des réserves…C’est donc « De l’autre côté du miroir » qu’est attendu le visiteur curieux qui prendra sûrement plaisir à se frayer un chemin dans une scénographie riche, imaginée par le créateur Philippe Model.

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Si, dans le vaste bâtiment de la place des Ormeaux à Valence, les visiteurs pouvaient se presser au musée pour admirer les collections exposées, 70% des œuvres du Musée de Valence leur demeuraient inaccessibles, reposant dans les réserves externes du musée, spécifiquement conçues à des fins de conservations et fermées au public. Avec sa nouvelle exposition temporaire, « De l’autre côté du miroir – Reflets de collection », le musée de Valence entend inviter le visiteur à aller voir « de l’autre côté du miroir » pour découvrir des trésors cachés de ses fonds !

Seulement, si le musée détient un fond total de près de 20 000 œuvres, seules 200 œuvres sont présentées dans l’exposition. Il a en effet bien fallu opérer une sélection pour ne tirer que la substantifique moelle des réserves du musée ! Pour mener à bien celle-ci, Olivier Lossi, responsable du service MédiationS du musée de Valence, nous explique d’abord qu’ont été choisis « un certain nombre d’objets, soit parce qu’ils étaient très intéressants et racontaient une histoire, soit parce qu’au contraire, on ne pouvait rien en dire…ils étaient trop secrets pour nous ! ».

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Des objets mystérieux donc, dont l’origine géographique comme la date de création demeurent inconnues et qui n’ont pas pu trouver leur place dans les expositions antérieures du musée. Mais pas que. Ainsi en est-il de ce Raoul Dufy, « issu d’un atelier de Perpignan mais qu’on ne montre pas car il n’a pas trouvé sa place dans les collections permanentes alors même qu’il est intéressant car acquis par les amis du musée en 1943, alors que la France était occupée et que l’art moderne n’était pas apprécié du régime nazi ».

Pour donner forme à ce pot-pourri d’œuvres d’art, le musée a fait appel à Philippe Model, connu pour ses créations de mode, avec pour but avoué de « mettre de la folie dans cette exposition » ! Mais c’est aussi parce que le musée souhaitait « raconter une histoire » et « montrer les œuvres d’art autrement que sur des murs blancs et des portants » que le musée de Valence a demandé à Philippe Model de mettre en œuvre une muséographie audacieuse. « Jamais la plupart des tableaux que vous avez dans un musée n’étaient auparavant montré de la sorte. Pourquoi aujourd’hui met-on des tableaux face aux gens éclairés sur des murs blancs par de la lumière artificielle ? Ce n’était absolument pas le cas jusque dans les années 1950-1960 !  » nous explique Olivier Lossi.

Le tout donne une exposition originale et iconoclaste, divisée en plusieurs salles qui, chacune donne le ton de ce qu’il y a à voir. L’espace « Ombre », dont les murs sont recouverts de noirs, plonge ainsi les visiteurs dans la pénombre, entouré d’œuvres baignée d’une douce lumière… « Ombre », « Lumière », « Musée à l’Envers »…sont autant de thématiques qui vise, selon Olivier Lossi, à « reprendre quelques thématiques proches de l’histoire des musées et de l’histoire des accrochages des œuvres », telle la salle du Musée à L’Envers, qui évoque un cabinet de curiosités moderne.valence

Parallèlement à l’exposition, le musée proposera toute une programmation culturelle qui permettra de mettre en regard l’exposition et les problématiques qu’elle soulève, avec le savoir et le vécu des visiteurs. Ainsi Le Musée des Objets Ordinaires, projet participatif de la Compagnie du théâtre de cuisine, leur proposera d’apporter des objets du quotidien pour en détourner poétiquement l’usage. « Quand vous montrez une petite cuillère de l’époque romaine, il y avait bien autrefois un jeune garçon ou une jeune fille romaine qui mangeait avec cette cuillère. Nous, on le présente dans un musée si bien que l’objet passe d’un statut ordinaire à un statut extraordinaire. Parfois, au contraire, c’est parce que l’objet est tellement extraordinaire qu’il peut se trouver que dans un musée (…). Ce qu’on a voulu faire, c’est donc montrer l’autre côté du miroir : parler des objets ordinaires ». Un renversement artistique donc, auquel les petits comme les grands prendront sûrement beaucoup de plaisir et d’amusement !

« De l’autre côté du miroir – Reflets de collection » – Du 13 juillet 2018 au 27 janvier 2019. Musée de Valence.

Plus d’informations ici. 

Visuels : ©Emile Boilvin, Prête à partir pour la chasse, 1876 / © Musée de Valence, photo Emmanuel Georges

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Lucile Brusset

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