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Paris Photo 2019 sous le signe de la densité

Paris Photo 2019 sous le signe de la densité

08 novembre 2019 | PAR David Hanau

 

 

Comme chaque année, le monde de la photo se donne rendez-vous sous la nef du Grand Palais à Paris Photo, qui ouvre jeudi 7 novembre ses portes au public. Avec 213 exposants contre 198 en 2018, dont 38 nouvelles participations, la manifestation amplifie sa dynamique de renouvellement entamée en 2018. Le résultat ? Une belle diversité, et un grand nombre propositions détonantes, qui sauront ravir les pupilles les plus exigeantes.

Il suffit de se perdre quelques minutes dans les allées de Paris Photo pour comprendre que beaucoup des galeries présentes se sont donné le mot pour montrer des œuvres « hors formats », qui participent à une véritable extension du domaine photographique. Ainsi, on se laissera téléporter dans la forêt amazonienne avec l’installation Amazogramas de Roberto Huracaya chez Rolf Art. La série Désidération de Smith présentée par la Galerie des Filles du calvaire offre un carnet de route intimiste. La poétique installation de Lucia Tallovà à la Galerie Paris Beijing invite à une forme de recueillement introspectif. L’œuvre hybride entre photographie et sculpture de Dario Villalba chez Luis Adelantado interroge sur les mediums. Les totems miroïques de Thomas Devaux chez Bertrand Grimont ne manqueront pas de vous intriguer. On s’arrêtera chez Anita Beckers contempler les recherches de Christiane Feser qui ouvre une voie vers la tridimensionalité. Et c’est vers l’infini et l’au-delà que vous emmène le cube de Nicolas Grospierre présenté par Alarcon Criado.

 

Cette tendance fait d’ailleurs un bel écho à l’espace Curiosa consacré à la photographie émergente, initiative inaugurée en 2018 et dont le commissariat, assuré cette année par le britanno-ghanéen Osei Bonsu de la Tate Modern, porte sur la thématique « Point de fuite » : une exploration des frontières entre les images et leur environnement immédiat, pour questionner notre relation au visible et à la mémoire.

 

Sortir des formats, c’est aussi évidemment tout le propos du secteur Prismes dans le Salon d’Honneur, consacré comme il se doit aux projets d’exception et aux grands formats, avec notamment les installations d’Olaf Breuning présenté par METRONOM, de Stéphane Lavoué présenté par Fisheye, ou encore la série de Joel Sternfeld chez Xippas.

 

Bien sûr, les grandes signatures sont toujours au rendez-vous cette année. A commencer par l’immanquable Solo Show consacré à Man Ray par Gagosian en association avec la galerie 1900-2000. La galerie Susane Tarasiève offre un joli hommage à Agnès Varda, mais aussi une belle installation de Juergen Teller. Le sublime et saisissant solo show « Africa » d’Edward Burtynsky chez Nicholas Metiver est présenté en avant-première avant une diffusion mondiale prévue en 2021. Les amateurs de photographie de mode s’arrêteront nécessairement sur le beau travail de Tim Walker chez Michael Hoppen. Ne manquez pas non plus l’étonnante quête identitaire de Malala Andrialavidrazana chez Caroline Smulders. C’est toujours avec un grand plaisir que l’on retrouve le travail de Hiroshi Sugimoto chez Frankael, et en particulier le sublime bleu prismatique capturé dans un studio dédié conçu par l’artiste. Et pour ceux qui auraient loupé l’année dernière l’étonnante proposition photographique de David Hockney, la session de rattrapage a lieu sur le stand de la Galerie Lelong.

 

Un leitmotiv qui nous a également frappé cette année : de nombreux artistes nous proposent des accumulations, voire des répétitions, qui forment d’intéressants dispositifs de confrontation des regards. Outre le mur de photographies de Patates Cœur d’Agnès Varda chez Susane Tarasiève, on peut citer l’archéologie du XXe siècle vue par José Antonio Martinez chez Patricia Conde, la série onusienne de Timm Rautert chez Parrotta, les très touchants et oniriques petits formats de Miho Kajioka chez Ibasho et les paysages célestes de Sebastian Wickeroth chez Paris-Beijing.

 

Notre regard s’est aussi arrêté sur quelques jolis coups de provocation, à commencer par les portraits composites de Nancy Burson qui utilise la technique dite du « Deep Fake » pour fusionner des portraits de 2 personnages, dont notamment la fameuse vidéo Trump / Putin reprise notamment par le magazine Times. On citera aussi le diptyque d’Eric Baudelaire « The Dreadful Details » chez Juina de Aizpuru dont le format imposant esthétise et remet en scène des images de conflit qui interroge les frontières entre récit et reportage. 

 

Au secteur Films, situé dans le cinéma MK2 du Grand Palais, une belle sélection saura satisfaire les plus cinéphiles de nos lecteurs. 

 

Enfin notons aussi la très belle programmation de signatures et de conversations, et la richesse du Secteur Editions, un ensemble qui incitera très certainement les photos addicts à passer les prochains jours du côté de l’avenue Winston Churchill.

Jusqu’au 10 novembre, au Grand Palais, Informations et réservations ici.

 

Visuels : ®DH

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