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« Mémoires Vives » ou la célébration des 30 ans de la fondation Cartier : un best-of des plus grands artistes dans une exposition polymorphe

« Mémoires Vives » ou la célébration des 30 ans de la fondation Cartier : un best-of des plus grands artistes dans une exposition polymorphe

10 mai 2014 | PAR Hugo Saadi

La Fondation Cartier pour l’Art contemporain a décidé de marquer le coup pour son 30ème anniversaire avec Mémoires Vives, une exposition riche et variée où les œuvres vont se succéder pendant 5 mois proposant alors une visite différente jusqu’au 21 septembre 2014. Une initiative originale, mais qui trouve sa limite dans le sens où tout n’est pas disponible en une seule fois.

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Créée en 1984, la Fondation Cartier a élu domicile au 261 boulevard Raspail dix ans plus tard. Dans un bâtiment pensé par Jean Nouvel, la Fondation a su présenter des artistes divers et des œuvres toutes plus originales que les autres où les dimensions souvent imposantes illuminaient les pièces du bâtiment de verre. Et l’exposition Mémoires Vives qui célèbre les 30 ans ne manque pas à la règle. En effet, dès la première salle, le spectateur peut découvrir le Kelvin 40 de Marc Newson, un imposant jet privé taille réelle. L’originalité de l’exposition découle alors de l’éclectisme des œuvres. A côté de ce jet, se trouvera une maquette haute en couleur du « Projet pour le Kinshasa du troisième millénaire » créée par Bodys Isek Kingelez composée de canettes de sodas, de boites de camembert ou encore de paquets de cigarettes (photo 1) ! Mais la palme de la création la plus intéressante de cette première salle revient au cinéaste et artiste japonais : Monsieur Takeshi Kitano. Présentée en 2009, son œuvre « Découverte exceptionnelle ! On a retrouvé les plans des armes secrètes de l’armée impériale japonaise ! » vaut véritablement le détour. Le mélange entre animaux et armes de guerre est sublime et nous captive. On imagine très facilement les nombreuses conceptions de Kitano en action dans un film de science-fiction, où l’avion-baleine viendrait porter secours à « l’éléfantassin ». Une vitrine magique qui nous fait retourner en enfance et titille notre imagination … (photo 2 à 4)

Dans la petite salle du rez-de-chaussée on découvre ensuite un grand écran LED dont la technologie permet pour la première fois de diffuser des films en pleine lumière du jour. Les films en question sont nombreux et présentent tous les artistes qui ont exposé à la Fondation Cartier depuis 1984 à Jouy-en-Josas puis au boulevard Raspail. C’est donc un long voyage de près de 9h au cœur de la fondation pour (re)découvrir les plus grands artistes. Des courts métrages de Takeshi Kitano aux films de Raymond Depardon en passant par Agnès Varda, Pierrick Sorin ou encore les concerts du Velvet Underground, il y en a pour tous les goûts.

Dans les escaliers qui nous mènent à la grande salle du sous-sol, un bruit répétitif se fait entendre. On découvre alors Table Piece, une installation de 18 mètres de long. À chaque extrémité, se trouve une marionnette qui, aléatoirement et de façon lancinante répète plusieurs mots. On remerciera l’écriteau qui lève le voile sur les mots prononcés par les deux pantins (« black, white, light, dark ») tant il était difficile de les entendre (photo 5). Cette œuvre (qui peut rapidement rendre fous les visiteurs) sera remplacée début juin par une expérience silencieuse. On continuera l’exposition avec les beaux dessins réalisés par Hong Hong Wu (photo 6) ainsi que les croquis / lithographies souvent surréalistes de David Lynch (photo 7). L’exposition se terminera dans la démesure, celle de Ron Mueck, qui revient un an après son passage remarqué, avec In Bed, une œuvre d’une femme allongée dans son lit. Un certain malaise est toujours présent devant tant de réalisme, un réalisme qui nous fascine également (photo 8).

Mémoires Vives est donc un best-of de ce qui s’est exposé entre les murs de la fondation Cartier. D’horizons divers, le mélange des genres est réussi, mais on peut toutefois regretter de ne pas avoir accès en une seule fois au fond très riche. La Fondation nous invite cependant à revenir durant toute la période grâce à un Pass Illimité 4 mois au prix de 20 euros. C’est très tentant car pendant tout l’été, la photographie sera bien mise en avant dans l’exposition et notamment à travers les objectifs de Seydou Keita, William Eggleston, Raymond Depardon, Patti Smith ou encore Robert Adams.

Du 10 mai au 21 septembre 2014.

Visuels © Hugo Saadi

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