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Marina Ferretti nous parle de l’exposition « Henri-Edmond Cross, peindre le bonheur » au Musée  des impressionnismes Giverny

Marina Ferretti nous parle de l’exposition « Henri-Edmond Cross, peindre le bonheur » au Musée des impressionnismes Giverny

03 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Marina Ferretti est directeur scientifique au Musée des impressionnismes Giverny, elle assure le commissariat de l’exposition Henri-Edmond Cross, peindre le bonheur qui se tiendra du 27 juillet au 4 novembre 2018

Peindre le bonheur, quelle bonne idée, mais est-ce que Henri Edmond Cross a également peint le malheur ?

La vie d’Henri-Edmond Cross n’a pas été particulièrement facile car il souffrait d’une santé fragile, comme en témoigne un autoportrait de jeunesse, Le Convalescent. Il a aussi été très longtemps financièrement dépendant d’une famille qui n’approuvait ni ses choix politiques, ni ses options artistiques. Pourtant son oeuvre se lit comme une conquête de la couleur et du bonheur.

 Cette exposition est organisée en collaboration avec le Museum Barberini de Potsdam, comment s’est passé le dialogue entre le musée des impressionnismes Giverny et le Museum ?

Oui, le musée Barberini reprendra l’exposition Cross immédiatement après nous. Ce sera la première exposition monographique qui lui sera consacrée en Allemagne où il a pourtant connu un vrai succès au début du XXe siècle. Les relations des deux musées ont été été très professionnelles et les auteurs du catalogue ont participé en décembre dernier à un symposium organisé à Potsdam.

 Quel est le parcours de l’exposition ?

L’exposition est monographique et son parcours chronologique retrace toutes les étapes de sa carrière. Elle commence avec les premiers portraits – sombres et bourgeois. L’itinéraire se poursuit avec les oeuvres néo-impressionnistes qui évoluent du petit point des temps héroïques à une manière plus libre et plus colorée. Il s’achève avec les derniers tableau pré-fauves de cet ami de Matisse.

 Selon vous, quelle toile résume le mieux le trait, ou plutôt les points de Cross ?

Isoler une seule toile dans l’oeuvre d’une vie est toujours difficile. Mais nous avons choisi pour illustrer l’affiche et le catalogue de l’exposition une des premières oeuvres néo-impressionnistes de l’artiste, La Plage de Baigne-Cul (1892) prêtée par l’Art Institute de Chicago. A nos yeux, elle exprime avec autant de force que de simplicité l’harmonie de l’homme et de la nature.

Quelle était la relation qu’entretenait Cross avec la couleur ?

La couleur était au coeur des préoccupations de l’artiste et l’exposition le montre très clairement. Il s’y est intéressé très tôt, à l’occasion de sa découverte des paysages du Midi de la France en 1884. Puis il a accompagné le néo-impressionnisme, qu’il a fait évoluer de la traduction de la lumière à l’usage de la couleur pure. Ses dernières oeuvres le rapprochent du fauvisme : ce n’est certainement pas par hasard qu’il s’est lié d’amitié avec Henri Matisse et Henri Manguin.

Visuel : Plage de Baigne-Cul,1891-1892 ©Chicago, Art Institute of Chicago

Henri-Edmond Cross, peindre le bonheur
Exposition du 27 juillet au 4 novembre 2018 au Musée des Impressionnismes Giverny
99 rue Claude Monet
27620 Giverny
Tous les jours, y compris les jours fériés, de 10h à 18h (dernière admission dans les galeries à 17h30)

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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