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Le paysage, vedette de l’été au musée des Beaux-arts de Bordeaux

Le paysage, vedette de l’été au musée des Beaux-arts de Bordeaux

24 juillet 2017 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

Bordeaux est toute contente : avec sa gare enfin libérée des échafaudages et son nouveau TGV qui la relie à Paris en deux heures, la ville d’Alain Juppé a enfin les moyens de sa grandeur. Déjà célébrée par les médias du monde entier pour sa gastronomie et son dynamisme, la ville se fait belle pour accueillir les Parisiens et autres touristes en goguette avec une saison culturelle intitulée « Paysages » qui durera jusqu’à l’automne 2017 : expositions en institutions, en plein air et performances variées… On y court ! Le musée des Beaux-Arts fait sa part du boulot en mettant en valeur sa collection de peintures de paysage. Visite.

Musée des Beaux-Arts

Le lien entre le thème « Paysages » et la vitesse du TGV reliant Paris à Bordeaux semble immédiatement compréhensible : bercé par le rythme du train (quoique celui-ci aille à toute allure !), chacun regarde les campagnes traversées avec un doux sentiment de repos et d’apaisement. Arrivé en gare de Bordeaux, la continuité se donc fait sentir grâce à cette programmation paysagère, somme toute particulièrement estivale. Commençons par l’évidence de l’évidence, le musée des Beaux-Arts.

De classique en contemporain, de Camille Corot (1796-1875) à Miquel Barceló (né en 1957), le parcours de l’exposition « Le musée se met au vert ! » se dessine sur les deux ailes du musée, reliées par une œuvre monumentale en plein air conçue par Frank Tellon : celui-ci a pensé une sorte de couloir qui fait passer le visiteur à travers des reproductions agrandies de paysages et de corps nus. Ainsi, on pénètre les collections du musée comme on entrerait dans un miroir, telle l’Alice de Lewis Carroll.

Dans le musée, suivez les panneaux et les cartels verts : ils vous indiqueront quelles œuvres regarder pour suivre le parcours dédié. Chronologique et ultra-classique dans sa forme, la scénographie se permet quelques incursions contemporaines, certaines sonores, d’autres sculpturales. On croise par exemple, au milieu du XVIIème siècle et de ses peintures de chasse, les totems d’Érik Samakh (né en 1959), un « chasseur-cueilleur » qui enregistre les bruits naturels des régions qu’il traverse, de l’Afrique aux Hautes-Pyrénées, et les diffuse à l’intérieur de grands morceaux de bois d’acacia. Approchez-vous, plaquez votre oreille sur ce totem sonore et laissez-vous porter… Le sentiment est charmant. Plus loin, on croise un trompe-l’œil d’Alain Lestié (né en 1944), une photographie de Times Square de Jack Pierson (né en 1960) qui dialogue avec une vue des quais de Bordeaux de 1892 d’Alfred Smith (1853-1936), ou encore le Voyage en France de Claude Lagoutte (1935-1990), immense tapisserie faite de différents tissus.

L’idée de ce parcours fléché est donc de réactiver l’attention du visiteur aux paysages peints, qui paraissent se répéter infiniment le long des couloirs du musée ; l’ambition est partiellement atteinte, car l’accrochage reste relativement sage… Mais certains dialogues entre œuvres anciennes et contemporaines sont savoureux, et l’ensemble respire bien. Il ne nous reste plus qu’à sortir et à nous balader en ville, pour nous plonger, à notre tour, dans le paysage bordelais.

PS : soyez attentifs aux sculptures anthropomorphiques d’Anthony Gormley, cachées dans toute la ville (jusque sur les toits !), et aux installations de pierres de Richard Long, posées à même le sol de plusieurs institutions (CAPC, Grand Théâtre, Espace Saint-Rémi, etc). Certaines sont à moins de 5 minutes à pieds du musée des Beaux-Arts !

Informations pratiques :
Le musée se met au vert !
Au musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Du 29 juin 2017 au 7 janvier 2018

Infos pratiques

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Maïlys Celeux-Lanval

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