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La Jeune création : 53 talents au Centquatre

La Jeune création : 53 talents au Centquatre

31 octobre 2014 | PAR Marie Crouzet

Pour sa 65ème édition, La Jeune Création investit du 30 octobre au 2 novembre les Écuries du Centquatre – leur sous-sol -. Avec une sélection rigoureuse,, l’exposition dresse un portrait de la scène contemporaine émergente. Dans ce lieu où les nouvelles technologies côtoient les matériaux bruts, où la peinture dialogue avec la vidéo et où une belle part est faite à la performance, il semble que l’art contemporain à de beaux jours devant lui.

 

 

 

Depuis plusieurs semaines, Paris est LE lieu de l’art. Entre l’ouverture de la Fondation Vuitton, du musée Picasso, de la FIAC et de ses offs, difficile de sortir du lot. C’est pourtant, ce que tente de faire la jeune création au Centquatre depuis ce jeudi.

Des univers très différent se confrontent ici. Photographie, installations et vidéos cohabitent avec sculptures, peintures et performances.
Dès l’entrée, on découvre le travail de Yannis Pérez. Une installation d’affiches monochromes que l’artiste s’amuse à tordre, à plier, à retourner et qu’il fixe à l’aide de punaises. Comme un ballet magique où des feuilles se seraient invitées à danser et que le temps aurait figée. (Photo1) Étalée sur un pan de mur entier, cette œuvre très poétique fait aussi de nombreuses références à l’univers du graphisme dont l’artiste est issu.
Plus figuratif, le travail de Thibaut Brunet est accroché dans la salle suivante. D’immenses photographies en noir et blanc de soldats et de paysages de guerre. Enfin pas vraiment… (Photo 2) En vérité, l’artiste fait des captures d’écrans de jeux vidéos et s’amuse du trouble que provoque chez le spectateur le réalisme de ces représentations. Il brouille volontairement la frontière entre le réel et la fiction et nous interroge sur le pouvoir de l’image.
Un peu plus loin, et unique en son genre, l’installation de l’artiste mais aussi ingénieur Fabien Leaustic impressionne par sa monumentalité (Photo 3). Avec ce polygone en 3D, sorte de machine à remonter le temps, il nous fait vivre une véritable expérience sur notre rapport à la lumière, à la science et ce qu’elle produit. Le travail très maitrisé de Leaustic se confronte dans la même salle aux matériaux bruts de Keen Souhlal. Sur le sol, des troncs d’arbres évidés puis remplis de béton représentent un pont entre l’artisanat et l’art contemporain (Photo 4). Chaque élément extrait de la nature est transformé, modifié. Cette volonté de montrer une nature recomposée, on la retrouve plus tard dans l’exposition avec le travail de Pieter Van Der Schaaf. Ce néerlandais collectionne les pierres, les photographie, déchire ses clichés et reconstitue des puzzles minéraux, hybrides et poétiques (Photo 5).
Enfin, il serait difficile de quitter cette exposition sans parler du travail de Iorgis Matyassy. Ce photographe capture à la volée des portraits de passants. Certains le remarquent, d’autres non. (Photo 6) Qu’ils soient affairés, perdus ou simplement ailleurs, l’artiste les saisit avec beaucoup de force à la manière de héros de théâtre.
En déambulant d’une pièce à l’autre, on apprécie non seulement la diversité des œuvres présentées, mais surtout leur qualité, bien plus qu’à la Young International Artists Art Fair qui s’est tenu au Carreau du Temple il y a quelques jours. Sur 3.000 candidatures à la Jeune Création cette année, seuls 53 ont été retenues. Ceci explique sans doute cela.

Infos pratiques

Festival du Cinéma Israélien de Paris
Francofolies de la Rochelle
Duval de Laguierce-Virginie

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