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Keith Haring « big size » au Cent-Quatre

Keith Haring « big size » au Cent-Quatre

18 avril 2013 | PAR Géraldine Bretault

Témoin des relations instaurées entre les deux institutions, le Cent-Quatre a travaillé en partenariat avec le Musée d’art moderne de la ville de Paris pour accueillir les grands formats de l’artiste Keith Haring le temps de sa rétrospective au musée.

A découvrir d’urgence, 4 ensembles qui ne manqueront pas de compléter le parcours rigoureusement articulé du Musée d’art moderne. Une visite complémentaire indispensable pour s’imprégner de la dimension monumentale que Keith Haring a semblé rechercher davantage au fil du temps, comme pour mieux toucher un public toujours plus large.

En 1988, Keith Haring ouvre un second Pop Shop à Tokyo, suite au succès de la boutique de New York. Franchir le seuil du container donne entièrement raison au galeriste Leo Castelli, pour qui la boutique était une oeuvre de Keith Haring à part entière, contre l’avis des critiques qui dénigraient  le projet, y voyant une entreprise purement commerciale.

Second temps fort, dans la cour du Cent-Quatre : l’ensemble du public pénétrant dans les lieux pourra librement admirer plusieurs sculptures monumentales, peintes à l’acrylique sur acier, destinées à occuper un espace public. Avec une audace renversante, l’artiste traite la sculpture comme par aplats de couleur, insistant sur la dimension ludique.

Outre deux petites salles permettant d’admirer des oeuvres qui auraient pu figurer au musée, le clou du show reste les toiles monumentales des Dix commandements, réalisées à l’invitation du CAPC lors de la première rétrospective organisée de son vivant. Présentées dans le désordre dans une haute salle noire, leur fond jaune intense rappelle immanquablement la spiritualité des fonds d’or des mosaïques byzantines, d’autant que les toiles sont arrondies au sommet suivant la silhouette des arcades du CAPC. Le visiteur a l’impression de pénétrer dans une chapelle Sixtine des vices de notre modernité. Prenant à contre-pieds les injonctions de la Bible, Keith nous interpelle en soumettant à notre regard les turpitudes auxquelles nous nous livrons au quotidien, abrutis par les médias, en proie à une perversité sexuelle sans bornes, et vouant une allégeance  inconditionnelle au dieu dollar. Et comme pendant à la puissance des couleurs vives, les frêles coulures sont le seul indice de fragilité, d’immanence, d’une œuvre à la portée universelle et intemporelle.

Crédit photographique : Autorisation (c) 104

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