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Harry Gruyaert, Gérard Rondeau, Luiz Mauro … Les nouvelles expos de la MEP

Harry Gruyaert, Gérard Rondeau, Luiz Mauro … Les nouvelles expos de la MEP

14 avril 2015 | PAR Hugo Saadi

Le turn-over de la Maison Européenne de la Photographie a eu lieu et c’est pas moins de six photographes qui sont venus s’exposer sur les murs du bâtiment du 4ème arrondissement. Debriefing de nos trois coups de cœur.

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Harry Gruyaert

[rating=4]

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Le 3ème étage de la MEP est entièrement consacré à ce photographe belge dont les influences proviennent majoritairement du cinéma et de la peinture. Mais ce qui saute aux yeux dès les premiers clichés, ce sont les couleurs et l’impressionnant travail des lumières. Sans thématique particulière, les œuvres présentées sont orientées par la lumière et les couleurs. Il en ressort un condensé de multiples voyages fort séduisant. Les scènes de la vie intime nous sont exposées, comme ces beaux paysages de plages à Fort Mahon et à Nice où des silhouettes se distinguent dans les larges étendues. Harry Gruyaert pénètre dans les ruelles d’Ostende, de la Courneuve et de Paris dans les années 1980 et 1990 et balade le visiteur en berçant sa pupille grâce à un grain reposant et une mise en lumière des couleurs, le rouge et le jaune notamment. La Russie, le Japon, les États-Unis ou bien le Maroc, le photographe capte les ambiances bien différentes de ces nations. Souvent présentées de dos ou ombragées, les personnes s’éclipsent comme dans un hall d’aéroport à Las Vegas. Une grande rétrospective de l’artiste qui mise avant tout sur la dimension créative de la couleur.

© Harry Gruyaert / Magnum Photos

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Gérard Rondeau

 [rating=3]

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Accrochées par petits regroupements, les photos dans des cadres en bois de Gérard Rondeau attisent l’œil par le traitement qu’elles ont subi. Tels des filtres, Rondeau appose des citations, des petits mots sur les noir & blanc proposant une double lecture ou plutôt une double vision de ses œuvres. Même si l’ensemble présenté ne dispose pas d’une cohérence particulière, certaines séries cohabitent parfaitement, comme celle laissant découvrir les pérégrinations du photographe dans un musée. Les tableaux et statues sont alors très ciblés et Rondeau transforme son objectif en une loupe laissant apercevoir les moindres détails. Enfin, l’assemblage d’une sorte de Hall of Fame vient tempérer avec les précédentes séries, et l’on découvre dans l’intimité, Alain Bashung, Anna Mouglalis, Jim Jarmusch, Jean-Paul Gaultier ou encore le regretté Cabu …

© Gérard Rondeau

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Luiz Mauro

 [rating=3]

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Au sous-sol de la MEP, Luiz Mauro surprend par sa forme esthétique. À partir de simples photos, l’artiste a su reconstituer les ateliers des grands noms de l’art comme Renoir, Monet, Warhol, Lichtenstein ou encore Kapoor. Ces dessins, travaillés à l’encre de Chine après l’application de nombreuses couches, sont stupéfiants et nous font pénétrer dans l’intimité de ces ateliers. Le noir est souvent prédominant dans ces constitutions laissant alors les ombres et les lumières jouer avec le visiteur, comme lorsque ce sont les traits blancs qui viennent dessiner une forme dans un noir complet.

© Luiz Mauro / Photo Paulo Rezende

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Et aussi :

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Lydia Flem, capture des objets et propose un catalogue de détails (bout de papier, petit carnet, jeu d’enfant). Dans cette série elle effectue une sorte de mise en archives, photographiant telle une historienne (laissant même apparaître sa silhouette dans certaines de ses œuvres) cette carte de rapatrié après la déportation. Denis Darzacq lui aussi se met dans la peau d’un historien avec « Act ». La guerre est au cœur de son travail photographique captant et mettant en perspective les environnements où l’Histoire s’est jouée. Il en ressort une sélection de décors boisés, où la verdure et la brume sont aux premiers plans, et les anciens combats, dans l’esprit, au second plan. Enfin, Yuki Onodera photographie des inconnus à la volée et, afin de préserver leur anonymat, insère dans ses clichés une dentelle qui vient voiler leur visage.

© Lydia Flem

Toutes les informations pratiques sur le site de la MEP.

Infos pratiques

Jazz Sous les Pommiers
Musée d’Art Moderne – Paris
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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