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Gustave Doré : l’imaginaire au pouvoir, nouvelle exposition entre effroi et merveilleux au Musée d’Orsay

Gustave Doré : l’imaginaire au pouvoir, nouvelle exposition entre effroi et merveilleux au Musée d’Orsay

23 février 2014 | PAR Sandra Bernard

30 ans!!! 30 ans que Gustave Doré (1832-1883), peintre et illustrateur de grand talent, n’avait pas eu droit à une rétrospective digne de ce nom. Celui qui, par sa technique et sa virtuosité, a marqué si fortement de son empreinte l’imaginaire collectif est aujourd’hui mis à l’honneur au Musée d’Orsay, du 18 février 2014 au 11 mai 2014.

[rating=4.5]

Cette grande rétrospective, divisée en 14 thèmes, prend place sur deux niveaux, le rez-de-chaussée et le 5e étage. Les premiers sujets regroupent des œuvres de grandes dimensions parfois moins connues, telles les sculptures monumentales de l’Amour et la Parque ou le Génie étouffé par la Gloire pourtant d’une grande délicatesse et précision. La suite de l’exposition propose des travaux de formats plus réduits ainsi que des gravures, des lavis, des aquarelles et des dessins. Les dernières salles proposent un aspect moins connu de son travail, que ce soit sur la Commune de Paris ou sur sa passion pour la montagne dont sa perception confine au sublime dans le sens le plus romantique du terme. Photo-réalistes, ces dernières révèlent également une touche moins lisse qu’à l’accoutumée, avec des empattements de matières.

Véritable autodidacte touche à tout, Gustave Doré s’est intéressé à toutes les facettes de l’art de son temps (dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture, caricature, etc.) en y incluant des trouvailles certes parfois déroutantes pour ses contemporains, mais ô combien importantes pour l’histoire de l’art et l’évolution des représentations. Il n’a reculé devant aucune audace et difficulté, repoussant toujours plus loin l’imagination et la figuration. Extrêmement expressives et minutieuses, ses œuvres oscillent entre le merveilleux et le terrible, entre l’ombre et la lumière. En tant qu’illustrateur, Doré s’est mesuré aux plus grands textes (La Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantes, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe). Le succès rencontré dans ce domaine a fait de lui un véritable passeur de la culture européenne.

La grande force de l’exposition est de replacer les œuvres non seulement dans leur contexte de création mais également par rapport aux productions postérieures qu’elles ont inspirées, principalement au cinéma et en bande dessinée. Il est également intéressant de trouver rassemblés ici non seulement les différentes facettes de son art, mais également de nombreux aspects de sa personnalité qui nous éclairent sur la construction et l’évolution de son travail artistique.

D’un point de vue formel, la scénographie est claire, les passages entre les différentes sections sont nettement identifiés, l’espace suffisamment dégagé pour profiter, de près comme de loin, des plus grandes œuvres, mais également pour circuler d’un espace à un autre. La couleur des espaces varie régulièrement, facilitant la lecture du parcours. Les cartels sont lisibles et bien disposés, bien que peut-être un peu petits parfois.

Le numérique est assez peu présent au sein de l’espace de présentation, cependant, un partenariat avec la BNF, qui a mis en place un site dédié, permet d’accéder à une exposition virtuelle consacrée à Gustave Doré complétée par plusieurs milliers de gravures numérisées pour l’occasion.

Une riche programmation musicale, documentaire, conférences, activités familiales est également prévue.

Informations pratiques :

Gustave Doré (1832-1883). L’imaginaire au pouvoir, 18 février – 11 mai 2014

Visuels : illustrations officielles.

01. Gustave Doré, Joyeuseté, dit aussi À saute-mouton, vers 1881, Bronze, 36,5 x 27 x 17 cm,  Paris, musée d’Orsay © Musée d’Orsay, Dist.RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

06. Gustave Doré, L’Enigme, 1871, Huile sur toile, 130 x 195,5 cm, Paris, musée d’Orsay, © Musée d’Orsay, Dist.RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

07. Adrien Tournachon (1825-1903), Gustave Doré barbu, vers 1854, Photographie, 23,3 x 17 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, © Bibliothèque Nationale de France

10. Gustave Doré, Le Christ au roseau, 1874, Plume et encre noire, pierre noire, lavis d’encre de Chine, 58 x 44 cm, Musée Tavet-Delacour, Pontoise © Musée de Pontoise

12. Gustave Doré, Souvenir de Loch Lamond, 1875, Huile sur toile, 131 x 196 cm, New York, collection particulière © French & Company, New York

13. Gustave Doré, « Au secours ! Au secours ! Voilà M. le marquis de Carabas qui se noie », frontispice pour Le Maître Chat ou Le Chat botté, publié dans Charles Perrault, Contes, illustré par Gustave Doré, gravé par Adolphe François Pannemaker (1822-1900), Paris, Hetzel, 1862, in-fol. 43 x 31 x 4,5 cm (livre fermé) Paris, Bibliothèque nationale de France, réserve des Livres rares © Bibliothèque Nationale de France

14. Gustave Doré « Que son sort malheureux – paraît triste et fâcheux » Xylographie gravée par Jean Best (1808-1879), publiée dans Pierre Dupont, La Légende du juif errant, Paris, Michel Lévy, 1856, grand in-fil., pl.VII Paris, Bibliothèque nationale de France, réserve des Livres rares © Bibliothèque Nationale de France

15. Gustave Doré, « Il me regarda un peu et me demanda avec dédain : Quels furent tes ancêtres? » Xylographie gravée par Héliodore Pisan (1822-1890), publiée dans Dante Alighieri, L’Enfer, Paris, librairie Hachette, 1861, in-fol. 43 x 33,5 x 8 cm livre fermé Paris, Bibliothèque nationale de France, réserve de Livres rares © Bibliothèque Nationale de France

16. Gustave Doré « D’autres étaient rangés en cercles et chantaient des chœurs d’une beauté inexprimable » Xylographie gravée par Adolphe François Pannemaker (1822-1900), publiée dans Rudolf Erich Raspe, Les Aventures du Baron de Münchhausen, Paris, Furne, 1862, in-4° Paris, Bibliothèque nationale de France, département littérature © Bibliothèque nationale de France

17. Gustave Doré Les Saltimbanques dit aussi L’Enfant blessé, 1874 Huile sur toile, 224 x 184 cm
Clermont-Ferrand, musée d’Art Roger-Quillot © Ville de Clermont-Ferrand – musée d’art Roger-Quilliot

Gustave Doré, Le Génie étouffé par la Gloire, sculpture et photographies de la scénographie  ©Sandra BERNARD

Infos pratiques

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, créatrice et traductrice de contenus culturels. Elle a notamment collaboré avec des institutions culturelles (ICOM, INHA), des musées et des revues d'art et de design. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France, elle a obtenu la certification de l'Ecole de Traduction Littéraire en 2020. Géraldine a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, dans les rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle a travaillé en tant que docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art. www.slowculture.fr

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