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Belle découverte, le collectif BLBC et leur festival Vis à Vis

Belle découverte, le collectif BLBC et leur festival Vis à Vis

28 septembre 2016 | PAR Victoire Chabert

Du 23 au 25 Septembre le collectif BLBC présentait le Festival Vis à Vis. Une exposition dans l’espace public au sein du quartier du marché Popincourt. Ce beau projet mêlant exposition, installations, performances et rencontres s’est construit et s’articule autour de la thématique des tensions entre espace privé et espace public.

Ce concept innovant, permet à la création contemporaine de s’exporter à l’échelle d’un quartier, le village Popincourt. Et il faut l’avouer on se sent tout de suite bien dans ce village en plein cœur de Paris. On est accueilli et informé par une équipe d’organisateurs super dynamiques ! En effet le collectif Bright Lights Big Cities (BLBC), né en 2014, regroupe des jeunes professionnels, curateurs, médiateurs, urbanistes, photographes, musiciens, designers et vidéastes. Ces profils variés, issus des filières artistiques autant que des sciences humaines, génèrent de l’innovation. Leur travail de scénographie et d’installation se nourrit de leur diversité, source de dialogue et de vitalité.

En invitant une vingtaine d’artistes, plasticiens et performeurs à réaliser des œuvres tant dans l’espace public que ceux attenants, le festival propose de se questionner sur leurs usages. L’idée étant d’amener professionnels et habitants du quartier à s’interroger sur l’espace urbain et ses mutations, au travers de la création contemporaine. C’est une belle opportunité pour créer du lien social. Durant les six mois précédant le festival les habitants, les commerçants, les élus et les artistes se sont rencontrés et ont échangés sur des problématiques artistiques et territoriales. Ils ont tentés de dévoiler les potentialités des espaces de transition (voies publiques, halls d’immeubles, cours intérieures, cages d’escaliers, etc.) pour penser de nouveaux usages au quotidien dans l’environnement urbain.

Espace d’exposition autant que laboratoire de création, un des objectifs du festival est d’interroger les œuvres dans leur contexte. C’est le travail in situ, l’interaction direct avec ce qui l’entoure, qui est novateur. On sort d’une exposition classique, où les œuvres sont observées dans l’espace neutre de la galerie. Ici, on tente de déterminer les questions que soulèvent les œuvres auprès des habitants. On essaie aussi de cerner la réception de ces œuvres.  » Si l’art n’est pas une réponse aux questions, il constitue en premier lieu le moyen de s’en poser  « .

On a découvert les jeunes artistes invités pour cette exposition à ciel ouvert.

Valtaesho, avec « Qui jette des orties chez le voisin, les verra pousser dans son jardin » travaille sur le vis a vis, et présente une installation entre anamorphose et art visuel. Il se réapproprie des fragments du quotidien et propose une composition graphique qui redessine un espace à la fois personnel et impersonnel.

Corentin Vignet prélève et modifie des éléments du mobilier urbain, afin de substituer à leurs usages une nouvelle interprétation. Il se demande par exemple comment faire d’une poubelle quelque chose d’enchantée. Il y répond en transformant la poubelle en aquarium ou en fontaine.

Jean Belmontet a imaginé une adresse fictive matérialisée par une boite aux lettres. Les documents qui la remplissent racontent la vie d’un habitant du quartier popincourt. Et, questionne la relation propriétaire/locataire dans le cadre du rapport privé/public.

Le collectif Ascidicea présente Einaqoe. Il relève avec technique, esthétique et originalité le défi de remettre en scène par le son la richesse acoustique du quartier. Avec de l’imagination, une bonne dose de créativité et l’utilisation des nouvelles technologies ils ont récrée l’histoire du marché popincourt en un parcours interactif de 3 modules sonores.

Bravo pour cette belle initiative, et on a hâte de suivre les nouvelles aventures du collectif BLBC. A savoir, qu’ils inaugurent en Octobre un espace collectif de création et un programme de conseil en transformation à destination des institutions culturelles: BLBC Studio. Aussi, il reprennent la direction artistique de la galerie Duo.

Visuels: CR @BLBC

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Victoire Chabert

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