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Grégoire Korganow, Patrice Calmettes : nos coups de cœurs de la MEP

Grégoire Korganow, Patrice Calmettes : nos coups de cœurs de la MEP

05 février 2015 | PAR Hugo Saadi

En 2015, la Maison Européenne de la Photographie mélange les genres en proposant quatre artistes aux regards et techniques variés. Si Eric Rondepierre et Bernard Plossu ne séduisent et n’émeuvent pas dans leur ensemble, Grégoire Korganow et Patrice Calmettes imposent leur style et offrent deux séries originales et prenantes : l’une brutale dans l’univers carcéral, l’autre poétique et esthétique sur l’île d’Ibiza.

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Grégoire Korganow : Prisons

La prison reste l’un de ces endroits difficiles d’accès, à moins d’avoir emprunté le mauvais chemin … Ce mystère qui flotte derrière murs, barbelés et moult barreaux a souvent été décrit par le prisme du cinéma (Un prophète) et des séries télés (Oz). Loin de toute fiction, Korganow s’est enfermé dans une vingtaine d’établissements pénitenciers français afin d’en saisir les moindres détails sans censure aucune. Il en résulte une série de photos bluffantes. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, Grégoire Korganow pénètre avec pudeur dans l’intimité des détenus. Il saisit la vie quotidienne des prisonniers, du parloir aux cellules en passant par les douches et le « trou ». A travers son objectif il prend le soin de capter ces moments répétitifs tout en jouant avec les formes et l’architecture froide et brutale qui s’imposent à lui. Les barreaux présents souvent au premier plan ou en toile de fond, tandis que les lumières artificielles et les intérieurs froids des couloirs prennent le contrepoids avec les scènes de promenade et de parloirs. La scénographie joue un rôle important dans l’immersion du spectateur au cœur des photographies notamment grâce aux nombreux grands formats. Sans oublier, la pièce voûtée aux murs de pierres du sous sol de la MEP, en parfaite adéquation avec le sujet présenté : le mitard ou le cachot, lieu de solitude extrême pour les plus récalcitrants. La série de Korganow présente un véritable attrait documentaire tout en jouant avec les perspectives et la géométrie des lieux pour un rendu qui s’imprime durablement sur la rétine.

Patrice Calmettes : Insularités

De la série de Calmettes (noir et blanc, grand format et carré dans sa majorité), se dégage une quiétude agréable que l’on pourrait comparer à une sieste un après-midi estival… Pourquoi donc ? Car les photographies exposées à la MEP prennent le large et suspendent le temps grâce à des paysages marins des plages d’Ibiza, à l’architecture des églises perdues dans les hauteurs, mais aussi aux portraits captivants de jeunes adultes, seul ou en duo ainsi que les saisissantes attentions qu’il réserve aux …chiens. Sans artifice, il immortalise des instants simples, capturés sur le vif ou préalablement travaillés, ceux-ci apaisent et font voyager l’esprit du spectateur.

Toutes les informations pratiques sur le site officiel de la MEP.

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Hugo Saadi

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