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[Expo] Une rentrée plastique et sphérique au 104

[Expo] Une rentrée plastique et sphérique au 104

22 septembre 2017 | PAR Christophe Candoni

Une constellation d’artistes contemporains tels que Ai Weiwei, Daniel Buren, Anish Kapoor ou Michelangelo Pistoletto forme, sous la houlette de la Galleria Continua, la richesse formelle et thématique de la belle exposition de rentrée du CentQuatre.

Comme le large horizon maritime et ruisselant qu’observe le visiteur intrigué lorsque se lève le lourd rideau de fer dans la vidéo très théâtrale de Giovanni Ozzola, Sometimes you can see much more, l’exposition Continua Sphères Ensemble proposée pour sa dixième édition, s’offre comme une invitation à la contemplation et aussi comme un grand geste d’ouverture, fruit de nombreux échanges collaboratifs entre une vingtaine de galeries et d’institutions complices installées au quatre coins du monde.

D’un point de vue dramaturgique, l’assemblage ne fait pas nécessairement résonner les œuvres entre elles. Prises une à une, elles ne manquent ni de puissance ni de signification. De manière peut-être hasardeuse, se profile néanmoins en fil rouge subjectif les notions de destruction et d’espérance.

Le grand miroir du monde de Kader Attia, génial artiste de la blessure et de la réparation, est un large tapis de morceaux de verre brisé dans lesquels se réfléchit de manière fragmentaire l’irradiante architecture industriel du lieu. Plus loin, 21 portraits de personnalités cultes (Jeanne Moreau, Antonin Artaud…) réalisés par Douglas Gordon, présentent les visages défaits et rendus imperceptibles par le maître du travail sur l’usure du temps et de la mémoire. Comme un effacement suprême, plusieurs monochromes blancs se regardent en espace confiné : fissuré comme toujours chez Fontana, craquelé chez Burri, clouté comme une dentelle singulière chez Castellani.

Nous retrouvons en filigrane la figure totémique de l’arbre, motif de l’espoir représenté chez Pascale Marthine Tayou par un olivier épais enraciné dans le sable et orné de masques. Plus futuriste et stylisé est le feuillage touffu et moléculaire de Loris Cecchini qui accueille le visiteur à l’entrée Curial. Il faut saisir comment Berlinde de Bruyckere modèle une apparente chair livide et à vif pour évoquer des troncs morts visibles dans entrebâillement des petites fenêtres d’une maisonnette rustique. Les thèmes du voyage et de l’altérité s’imbriquent et s’imposent à travers plusieurs œuvres dont une sculpture en bois de Jems Koko Bi. L’artiste d’origine ivoirienne met en scène des silhouettes émaciées en transfert dans la promiscuité d’une embarcation ovale. Plus monumental, le pont à bascule d’Ivan Argote met le visiteur en situation de passage entre inconfort et amusement.

Jusqu’au 19 novembre 2017.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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