Expos

Entretien avec Frédérique Hervet et Florence Vasseur, exposition L’enracinement entre terre et ciel

Entretien avec Frédérique Hervet et Florence Vasseur, exposition L’enracinement entre terre et ciel

27 septembre 2019 | PAR Pauline Lisowski

Frédérique Hervet et Florence Vasseur furent en résidence cet été à l’Orangerie – Espace Tourlière, à Verrières-le-Buisson. Durant cette période, les artistes ont travaillé en dialogue, leurs créations s’enrichissant par l’échange et les croisements de techniques. L’exposition révèle le tissage de leurs œuvres et les liens qui se sont créés entre leurs manières de s’enraciner dans un territoire pour développer une recherche artistique.

Quel fut le point de départ de ce projet ?

Il y avait une histoire de mains et de pieds, un espace à combler, un passage entre ciel et terre….

Comment s’est effectuée la recherche et la création dans le lieu ?

Frédérique Hervet : Il y a deux grandes salles, une l’ancienne orangerie très lumineuse avec des fenêtres sur 2 côtés, la nouvelle partie plus sombre avec un grand panneau vitré au fond avec un passage entre les 2. Nous avons placé la radio branchée sur France Culture entre les deux. Très vite et sans nous concerter nous nous sommes appropriées chacune une des salles. Personnellement la salle sombre me convenait en me permettant de me mettre en condition pour réaliser les travaux autour de la transparence, de la lumière.  Je suis de plus en plus sensible à l’espace que j’ai à investir le temps d’une résidence, c’est lui qui induit mes productions et la manière dont elles vont jouer avec le lieu. Par exemple cette fois je me suis vraiment appuyée sur la végétation de l’autre côté du parc en prenant conscience de son importance.

Puis Florence a proposé ses merveilleux dessins racines au noir de fumée sur verre. Des dessins sur verre de Corot au blanc de Meudon qu’il utilisait comme négatif pour tirages photographiques me donnaient depuis longtemps envie d’en faire de même. Envie enfin assouvie !

Florence Vasseur : Ce fut pour moi un bel espace. J’ai réalisé une collection de pieds en empreintes coulées dans de la paraffine et j’ai réalisé une récupération de verres.

De quelle manière le geste est venu comme point de départ et comme geste pour enrichir, compléter un autre ?

Frédérique Hervet : Je vois combien je procède par collages, par jeux d’association entre images, entre texte-images, l’absurde, les règles du jeu… Du coup j’avais envie de rebouter le travail de Florence avec le mien. Empreintes cyanotype de ses racines en négatif raccordées à des choses “qui poussent” qui devaient toutes provenir du lieu des plantes donc, des tiges de cimaises, les crayons de Florence.

Sur la baie les collages entre des photos colorisées à l’encre de gens tous de dos dont certains pris depuis la baie et les plantes qui poussent dehors. La grande baie m’a donné tout de suite envie d’imaginer un autre développement, cette fois translucide de mes journaux faits de mini-quotidiens collages de textes et images

Florence Vasseur : Pour poursuivre ce travail d’empreinte je travaille avec mes mains, mes bras, mes coudes pour réaliser des racines, rhizomes, tubercules, je les dessine en les imaginant comme des êtres sous terrain, et je fais aussi une recherches à une autre échelle.

Votre matériau a-t-il évolué en fonction de ce projet ?

Frédérique Hervet : C’est Florence qui a fait évoluer mon matériau papier cyanotype mis sous paraffine en commençant à retravailler ses papiers à l’aiguille.

Florence Vasseur : Les cyanotypes de Frédérique donne à ces racines une autre présence et m’entraine à trouver un autre geste pour affirmer leur changement d’état plus aqueux, presque sous-marine.

Comment le dialogue et l’échange s’est-t-il produit ?

Nous sommes deux taiseuses qui ont travaillé ensemble et par les regards principalement

De quelle manière avez-vous conçu l’accrochage et les relations entre vos œuvres ?

Frédérique Hervet : J’avais très envie de confronter ces tranches de lumière que sont pour moi les vitraux de papier, légers et presque immatériels, des objets qui semblent promis à une destruction rapide à la solidité revendiquée des grandes racines, monotypes de Florence, d’expérimenter l’espace avec eux. Je trouve que ça met en valeur les deux travaux en révélant les complémentaires, une sorte de yin yang .

Dans l’autre salle nous avons profité du stock de socles pour proposer un espace avec un jeu de stèles qui mettent à distance les verres de Florence et les sacralisent et deux colonnes sur lesquelles un entrelac de fils relie mes mains et végétaux

Florence Vasseur : J’aime les contrastes ainsi que l’association des cyanotypes et des grandes racines qui fonctionne et permet une déambulation entre ciel et terre…. Le passage entre les deux espaces d’exposition se fait dans l’opposition de ces grands panneaux et du travail plus délicat et précis des empreintes et des noirs de fumée rhysomorphe.

infos pratiques

Du 13 septembre au 13 octobre

Orangerie-Espace Tourlière

Verrieres-le-Buisson

Mercredi et vendredi de 15 h à 18 h

Samedi et dimanche de 15 h à 19 h

Entrée libre

http://www.verrieres-le-buisson.fr/spip.php?article8477

images : vue d’exposition, crédit photo : Florence Vasseur et Frédérique Hervet

Festival SPOT Paris-Villette : « Nos Papas », une (en)quête effrénée et poignante autour de la filiation
« Crowd », la transe triste de Gisèle Vienne revient au Festival d’Automne
Pauline Lisowski

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *