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« Double Vision » : Véronique Barrillot interroge l’oeil et les icônes à la Salle de la Coupole de Dijon

« Double Vision » : Véronique Barrillot interroge l’oeil et les icônes à la Salle de la Coupole de Dijon

16 octobre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 15 octobre, la fresquiste et peintre Véronique Barrillot a posé ses pinceaux, ses jumelles et le fruit d’une recherche de 2 ans sous la Coupole en Verre de la rue Saint-Anne, à Dijon. Elle a nous a reçus par un samedi lumineux pour nous expliquer son travail sur l’œil humain et sur la superposition des icônes. 

Lorsque nous arrivons dans la salle de la Coupole, vendredi 13 octobre en milieu d’après-midi, Véronique Barrillot nous accueille, pinceau à la main. Son atelier n’est pas loin mais elle préfère venir travailler ici où la coupole offre un puits de lumière sublime et où elle peut accueillir le public. Alors qu’elle est connue et reconnue comme fresquiste à paris, à New-York et à Lille où elle a sa galerie, Louis Dimension, elle peut enfin présenter son travail à Dijon, ville qu’elle a adoptée et où elle a son atelier.

Alors qu’elle nous invite à nous emparer de jumelles inversés, Véronique Barillot attend avec un sourire bienveillant notre réaction aux « doubles-visions » qui se dégagent : quand on regarde les tableaux de loin, avec les jumelles, et de près, le nez devant. Sous nos yeux ébahis, Einstein devient Freud, le Che prend le masque effigie des Anonymous, une bouteille de coca se trouve cocorico-cocardée et transformée en champagne, Lincoln devient Dali (moustache comprise), JFK apparaît dans un Juke-Box et une photo de Basquiat révèle ses couleurs et se mue en son propre autoportrait. Avec des titres travaillés (« Le Zéro et l’infini », « Dalincoln », « La relativité inconsciente »…), chaque toile est l’enjeu d’une recherche technique sur ce qui fait que l’œil humain superpose et distingue des images. « Je ne conçois pas que l’art ne concerne que le fond ou la forme », explique Véronique Barillot. Elle interroge la taille, la couleur et la forme de ces « Doubles visions » que des miroirs révèlent nécessairement.

Cette grande aventure a commencé à New-York en 2013. C’est alors en tant que fresquiste que l’artiste a imprimé une immense Statue de la Liberté revisitée sur l’un des murs de FivepointZ, un espace d’exposition en plein air à Hunters Point dans le Queens. Elle qui projette naturellement les images et les démultiplie sur des murs immenses s’est alors demandée si les petits formats ne seraient pas étriqués. Une visite à Figueras et les jeux de multiples visions du « Lincoln » de Dali (vidée en son centre pour laisser voir les courbes de Gala) ont fini de la convaincre qu’il fallait interroger les multiples images que l’on peut faire rentrer dans une toile…

Le résultat est joueur, surprenant et pop malgré tout. Elle qui n’a pas encore osé risquer son autoportrait en « double vision », sait néanmoins jouer des triangles amoureux pour démultiplier les surprises : « Ceci n’est pas un flacon de parfum qui signe l’affiche de l’exposition contient à la fois Marilyn, le n°5 de Chanel et la fameuse pipe de Magritte…

Des jeux de regards et de perspective à retrouver à Paris pendant la FIAC où Véronique Barillot exposera ses « Doubles visions », à la foire Business Art  de l’Espace Nesle dans le 6e.

visuels : Photos de l’exposition d’oeuvres de Véronique Barillot

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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