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Devenir, l’exposition du Collège des Bernardins

Devenir, l’exposition du Collège des Bernardins

29 mars 2018 | PAR Diane Royer

Le collège des Bernardins, Paris, présente l’exposition « Devenir, 10 artistes en quête de sens » du 9 mars au 8 juillet 2018. Collective, elle regroupe des œuvres du professeur Jean-Michel Alberola et de jeunes artistes diplômés des beaux-arts de Paris. Tripartite, elle propose trois temps successifs : passé, présent et futur. La première partie sera visible jusqu’au 31 mars 2018.

Au premier abord, c’est le sujet même de l’exposition qui étonne : comment lier le devenir au passé ? La manifestation artistique rassemble des œuvres très diverses autour de cette question, qui ont été réalisées dans un temps antérieur à celui de l’exposition. Beaucoup renvoient à leur propre genèse, à leur propre histoire, mais surtout à l’impossibilité d’un devenir alternatif. Moulages, impressions, traces,… chacune conserve en son sein l’empreinte de potentiels évolutions inexploitées ou manquées. Il règne, dans la sacristie des Bernardins, une triste nostalgie d’un inconnu hors de portée, celle des œuvres finies.
L’exposition organisée dans un lieu de culte met d’autant plus en exergue le caractère de relique de ces œuvres d’art contemporain qui, préservées contre le travail du temps, semblent figées dans une intemporalité, partie intégrante d’un « élevage de poussière ».

Les œuvres présentées témoignent également de la difficulté de se projeter dans l’avenir, vers un futur incertain. Elles forment, en effet, un échantillon de la création de la scène artistique contemporaine française, pris avec ses questionnements, ses revendications et ses doutes.

A travers ce choix curatorial, le matériau est mis à l’honneur : les médiums employés et les techniques de création utilisées montrent la variété des possibilités et la richesse des ressources de ces artistes avec, dans cet univers, le mythe de l’homme créateur, insufflant la vie à la matière et façonnant la forme. Sarah Feuillas souffle le verre et choisit de garder le moule en bois contre lequel la forme du verre s’est cristallisée. Elle décide même de présenter une des deux parties d’un moule ; l’œuvre qu’elle « couvait » ayant été détruite pendant la réalisation. La structure à la silhouette d’un stupa ou encore d’une stèle, commémore l’œuvre avortée. Jonas Delhaye, quant à lui, revisite la chambre noire. Il appose contre un mur des feuilles de papier photosensibles qui s’imprègnent de la lumière s’infiltrant par le trou d’une serrure. Le résultat présente la vue d’une fenêtre donnant sur un arbre. Alban Denuit, pour sa part, expose le souvenir de la rencontre de palettes de transport avec du papier humidifié. Détournant sans doute l’œuvre de Parmentier, il rend compte de l’invisible, du poids de ces objets.
Si certaines œuvres parlent de l’absent, d’autres témoignent d’une constante mutation, d’un retour à la poussière et d’une inaltérable détérioration. Le retour au chaos s’y fait exubérant, magnifique. Un éloge de la matière, une ode à la nature.

La commissaire d’exposition, Sophie Monjaret, prépare depuis 2012 ce projet de longue haleine. Penser le devenir sur le long terme était un pari osé.
La deuxième partie de l’exposition sera consacrée au « présent ». Du 3 avril au 1er juillet, les artistes interviennent par groupes de trois pour réaliser des performances. Lors de la troisième et dernière étape, le thème du « futur » sera abordé autour de tables rondes que les artistes animeront du 5 au 8 juillet 2018.

Visuels ©Melanie Pottier

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