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Amos Gitaï, l’exposition de la Cinémathèque

Amos Gitaï, l’exposition de la Cinémathèque

01 mars 2014 | PAR Yaël Hirsch

Alors que le réalisateur israélien fait sa leçon de cinéma ce samedi 1ier mars à 14h30 à la Cinémathèque Française où il a sa rétrospective, et que deux coffrets sur son rapport intime à l’architecture sortent en dvd (Architecture en Israël / Conversations avec Amos Gitai et les deux films Carmel / Lullaby to my father), l’exposition « Architecte de la mémoire » part des archives données par Amos Gitaï à la Cinémathèque pour reconstituer certaines géographies de la création.

[rating=2]

amos gitai affiche expositionTout commence avec la guerre de Kippour où Gitaï est blessé. Le film de renom en sortira, 30 ans plus tard, mais sur le moment, c’est dans des dessins à la fois naïfs et expressionnistes que le jeune-homme marque l’événement.  » Ce que tu as vécu sur le front ne peut engendrer que des scènes justes », lui a confié son ami et collègue Samuel Fuller, lui même vétéran de la Seconde Guerre (voir notre article sur l’exposition « Filmer les camps« , au Mémorial). A partir de de point d’Archimède, ce sont plus de 80 films qui ancrent un rapport complexe entre Gitaï et un pays joliment décrits dans les cartels de la Cinémathèque comme : « Palimpseste, puzzle, bordel, architectonique, et attachante mosaïque », selon les films. L’art s’étire alors, selon deux axes : exil / retour et mythologies personnelles VS nationales.

Le propos est intéressant, mais malheureusement on perd vite l’idée d’architecture. Peut-être à cause du caractère fastidieux de l’exposition d’archives dans un espace très exigu. Ou alors à cause de la difficulté à multiplier les allers et retours entre l’intime, la création et le politique. Le matériel montré par la cinémathèque est riche (photo personnelles, beaucoup de photos de tournages, quelques carnets de notes et des extraits vidéos) et la scénographie joliment pensée.

Mais l’on ressort de cette exposition au titre magnifique assez frustré : on n’en sait pas plus sur Gitaï (si ce n’est qu’il apparaît sur une photo que l’express avait publiée pendant la Guerre de Kippour) et surtout, on sera très déçu si on imaginait que le cinémathèque allait proposer un grand axe de lecture de Gitaï, à travers l’art et la figure de son père, pour le sortir enfin des rapports d’amour/haine que le grand public peut avoir à son oeuvre, en fonction de positions politiques sur l’Etat d’Israël. L’intime que Gitaï met si bien en avant et dans une forme si originale dans Lullaby to my father aurait été un filon en or. Dernier manque important : Bien peu de choses en sont dites sur les documentaires, or, pour une exposition qui se proposer d’explorer la forme du cinéma de Gitaî à travers la mémoire et l’architecture, il semble que ce manque soit assez paralysant.

visuel : Affiche de l’exposition.

Infos pratiques

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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