Politique culturelle
L’affaire des loges de l’Opéra Garnier : Une tempête dans un verre d’eau ?

L’affaire des loges de l’Opéra Garnier : Une tempête dans un verre d’eau ?

10 novembre 2015 | PAR Sabina Rotbart

Vraie question ou crispation d’un bataillon de passéistes, les travaux en cours suscitent des alarmes. Pas forcément opportuns.

Faut-il remplacer les cloisons amovibles des loges de l’Opéra Garnier par des cloisons rétractables qui reprendraient leur place une fois la représentation terminée ? La question semble mobiliser les troupes d’afficionados de ce bâtiment construit entre 1861 et 1875. En l’espace d’une journée, une pétition sur change.org a déjà réuni presque 6000 signatures. Motif, des craintes, que les dites cloisons, qui forment comme des vagues dans les étages de l’Opéra, ne disparaissent dans la tourmente. Leurs défenseurs (l’Académie des beaux-arts en tête) crient au non-respect de cet élément architectural typique du XIXème.

Mais l’Opéra de Paris doit-il rester dans l’esprit de ces petits théâtres italiens dans lesquels se jouait Verdi, où dans les contre-loges l‘on faisait bombance et partageait des plaisirs plus érotiques. D’autant que l’Opéra se défend de vouloir rien supprimer mais annonce au contraire vouloir restaurer tentures et miroirs des loges à l’identique …L’architecte en chef des monuments historiques qui suit les travaux en cours n’a d’ailleurs pas encore validé les prototypes installés in situ.

Pourquoi supprimer momentanément ces fameuses cloisons demanderont certains ? La réponse est simple, économique, pour vendre 30 places de plus à chaque représentation.

Ces places de première catégorie rapportent gros, jusqu’à 210 euros au premier rang (tarif Optima). Une démarche moins gênante que celle plus subreptice du glissement de places accessibles à une catégorie plus chère, un fait non démenti par l’Opéra. Il reste que Stéphane Lissner a notamment ouvert 8 avant-premières lyriques aux moins de 28 ans au tarif de 10 euros et que la dotation de l’Etat n’a pas augmenté. On attend encore pour démocratiser l’’art lyrique quelques retransmissions gratuites en direct sur le parvis de l’Opéra de Paris comme cela se pratique dans certaines capitales étrangères. Plus efficace que les captations diffusées au cinéma qui n’attirent que les convaincus.

Sabina Rotbart

 

[Arras Festival] Dans « Francofonia », le grand Sokourov fait trop d’histoire(s)
Dans l’intimité sublime de Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé chez Jacques Doucet
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *