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Mort du grand jardinier, Pascal Cribier

Mort du grand jardinier, Pascal Cribier

09 novembre 2015 | PAR Clémence Charrier

Le jardinier Pascal Cribier est décédé ce mardi 3 novembre à l’âge de 62 ans, et c’est tout le monde du paysagisme qui est en deuil. Celui qui aimait trop la vie pour la subir s’est donné la mort à son domicile qui surplombait le Jardin du Luxembourg, à Paris, après avoir fait ses adieux à ses amis.

Son parcours atypique a fait de lui un homme tout à fait à part. Non diplômé, il profite de la confusion d’après Mai 68 pour intégrer l’université, mais c’est en 1972 que son avenir prend une nouvelle direction. Alors passionné de kart, il dessine des automobiles et des circuits de course, et présente ses réalisations à l’Ecole des beaux Arts de Paris, dans laquelle il est admis. Sa carrière débute lorsque l’un de ses amis, Eric Choquet, lui propose d’aménager un terrain de huit hectares à Varengeville. S’en suit une production extrêmement prolifique, mais surtout éclectique. Qu’il réalise le terrain d’un ranch dans le Montana, ou qu’il s’attelle au réaménagement du Jardin des Tuileries, Cribier laisse sa marque dans chacune de ses œuvres, une marque qui révèle son attrait pour le vivant, comme il aimait à le dire.

Pour lui, le jardin est un espace vivant que le paysagiste doit modeler au gré des saisons et de l’instant présent. Sa passion pour la nature se mêle à cette peur qu’elle lui inspire, et fait de lui un homme de terrain, qui sent les choses, plus qu’il les apprend. A l’occasion d’un portrait qui lui était consacré par Libération en 2009, Cribier déclarait alors ne jamais avoir été très proche des livres, ainsi la théorie laisse place au ressenti. Il arpente les lieux à aménager, s’en imprègne afin de les comprendre dans leur état pur, et d’imaginer comment les travailler. Cet homme vivait son métier comme il menait sa vie : à l’écart des normes. Son quotidien s’organisait sans téléphone, sans ordinateur, sans prise de rendez-vous. Il rencontrait ses projets et les hommes derrière eux tout en restant en accord avec ses convictions et ses méthodes de travail, et c’est peut-être ce qui faisait de lui un jardinier si particulier, admiré, mais surtout fidèle à lui-même.

VISUELS : © Visuels de l’exposition de Pascal Cribier, Les racines ont des feuilles…

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Clémence Charrier

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