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Les femmes évêques en Angleterre : un anglicanisme de plus en plus progressiste ?

Les femmes évêques en Angleterre : un anglicanisme de plus en plus progressiste ?

10 août 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

L’Église anglicane d’Angleterre s’était réunie en synode général lundi 14 juillet dernier et a voté en faveur de l’ordination de femmes évêques. Une réforme historique qui la divisait depuis plus de 15 ans.

Les délégués étaient réunis à York (nord de l’Angleterre) et se sont prononcés en faveur de cette réforme, promue par l’archevêque de Canterbury, Justin Welby. Elle pourrait déboucher sur l’ordination d’une première femme évêque en début d’année prochaine, voire plus tôt. Une décision prise après 5 heures de débat, votée par 152 voix pour, 12 contre et 5 abstentions.
La réforme sera formellement adoptée lors d’un nouveau synode le 17 novembre. Pour être définitivement entérinée, la réforme qui a l’appui du Premier Ministre David Cameron, devra aussi être endossée par le Parlement, avant de recevoir l’approbation royale.

Pour certains fidèles anglais, ancrés dans la tradition « anglo-catholique » ou marqués par des évangéliques, réputés plus conservateurs, cette réforme va à l’encontre de « la tradition biblique »Rappelons que l’anglicanisme est né d’une scission avec l’Eglise catholique au XVIe siècle, après le refus du pape d’accorder au roi Henri VIII l’annulation de son mariage. Il créa donc sa propre église. Aujourd’hui il reste aux alentours de 80 millions d’Anglicans, répartis sur tout le globe.

Henri VIII

L’Eglise Anglicane a néanmoins perdu près de la moitié de ses fidèles en quarante ans ! Cette réforme pour relancer le nombre de fidèles ?

En 2012, une précédente tentative avait échoué. Les deux premiers collèges des évêques et du clergé avaient validé la réforme mais le collège des laïcs s’était vu réticent. Un échec qui a ravivé des divisions profondes au sein de cette Eglise, disposant d’un statut officiel en Angleterre, puisque son chef suprême n’est autre que la reine Elizabeth II.

L’Eglise anglicane s’était vue reprocher une approche rétrograde, contrastant avec l’attitude plus progressiste d’autres Eglises anglicanes, comme celles du Pays de Galles, des Etats-Unis, d’Australie, du Canada, qui autorisent eux, les femmes évêques.
Le Vatican considère depuis des années que l’ordination de femmes est un « accroc à la tradition apostolique » et constitue « un obstacle à la réconciliation » entre les deux Eglises.
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