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Décès de l’écrivain israélien Amir Gutfreund

Décès de l’écrivain israélien Amir Gutfreund

01 décembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

Amir Gutfreund, né en 1963 à Haïfa, est un écrivain israélien atypique. Les gens indispensables ne meurent jamais est le premier livre de ce lieutenant-colonel de l’armée de l’air. Il est mort à 52 ans à la suite d’un cancer le 27 novembre 2015. 

Né en Israël à Haïfa, en 1963, et mort dans la même ville à la suite d’un cancer le 27 novembre 2015, Amir Gutfreund est le fils de deux ouvriers rescapés de la Shoah. Après avoir fait des études de mathématiques, il fait son service militaire, comme tout Israélien. Il retrouve régulièrement les rang de l’armée où il finit par atteindre le grade de lieutenant-colonel dans l’armée de l’air et a vécu en Galilée.

Son enfance heureuse lui inspire largement son premier roman, Les gens indispensables ne meurent jamais (Gallimard, 2007), publié en Israël en 2000 sous le titre Shoah shelanou (« Notre Shoah »).  L’originalité du livre de Gutfreund, selon son éditeur français, est qu’il « marque un tournant dans la manière d’appréhender la Shoah ». Son livre comporte évidemment une large part autobiographique.  Si Amir Gutfreund n’est pas le premier écrivain israélien à parler de la Shoah, l’originalité de Gutfreund est d’avoir écrit un livre qui ne parle pas de la Shoah comme d’un événement historique, mais de sa présence dans la vie quotidienne de personnages qui en sont marqués jusqu’au plus profond de leur âme. Le livre est couronné en 2003 par le prix Sapir, équivalent du prix Goncourt en Israël.

Malgré ses livres reconnus et souvent traduits dans plusieurs langues, ce grand écrivain n’est pas très connu en France. Il ne quittait que très rarement les collines de Galilée où il vivait. En 2009, il avait cependant écrit une tribune dans Le Monde, à l’occasion de l’arrivée au pouvoir de la droite israélienne. Cet homme de gauche, voulant « la paix à tout prix »s’y disait peu surpris par les dernières élections.

Avant de mourir, Amir Gutfreund aura eu le temps de finir son prochain et dernier livre, le septième, qui paraîtra en Israël en janvier 2016 et que les éditions Gallimard devraient publier en 2017. Cet écrivain qui fait partie des plus appréciés en Israël déclarait au journal Maariv en 2014 :« J’ai toujours considéré la mort avec humour et curiosité. J’entretiens un lien fort avec la vie et ses enchantements en dépit du Mal, des difficultés et de l’horreur. La mort de proches, ou la mort qui a frappé ma famille à l’époque du génocide, a eu une grande influence sur mon écriture, mais je n’y verrais pas un thème central, ni de mon œuvre ni de ma vie. ».

Visuel : ©couverture du livre Les gens indispensables ne meurent jamais 

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Pauline L'Huillier

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