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Débordements problématiques pour les étudiants de Paris 1

Débordements problématiques pour les étudiants de Paris 1

02 avril 2018 | PAR La Rédaction

Il y a quelques jours, les étudiants de l’université Paris 1, centre Pierre Mendès France, entamaient un blocus afin de témoigner leur mécontentement envers la réforme macroniste qui instaurerait une sélection à l’université. Le site de Tolbiac, désert sur ses 22 étages, était alors sous le contrôle des étudiants mobilisés, jusqu’à cette soirée du 27 mars où la situation a fini par déraper.

Alors qu’il est difficile pour les élèves et les équipes journalistiques de pénétrer dans l’université, il faut d’après le « Communiqué des étudiants » croire que des personnes extérieures aux manifestants, y sont parvenues.

Ce mercredi 28 mars, des dégradations ont été commises dans le local de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France), actuellement occupé par l’association Alliance. Le mobilier a été détruit, des tags antisionistes inscrits sur plusieurs murs, des kippas présentes dans le local jetées par la fenêtre et l’appellation de « racisme anti-goy » marquée sur la porte d’entrée. Autant dire que pour des étudiants qui cherchaient à défendre l’accès à l’université pour tous, ces exactions ternissent l’image du blocus et brouillent les revendications initiales. Ce vandalisme n’est pourtant pas du fait des manifestants, des militants antisionistes s’étant selon toute probabilité introduits dans l’université, profitant de la pagaille causée par le blocus.

Dans le Communiqué des étudiants et professeurs mobilisés du 28 mars, les manifestants expliquent :
« Le comité de mobilisation de Tolbiac tient à préciser que les dégradations commises ce soir-là ne sont pas de son fait. Nous les condamnons fermement. Depuis lundi, l’occupation du site de Tolbiac, votée par 800 personnes en Assemblée Générale, s’est bien déroulée, très peu de dégradations ont été constatées. Chaque fois qu’elles sont commises, nous tentons dans la mesure du possible d’y remédier. Cependant, étant donné l’ouverture du site, en cohérence avec notre projet de nous réapproprier l’université, cela laisse la possibilité à des personnes qui n’ont rien à voir avec la mobilisation de venir (…) Nous condamnons fermement ces actes. Aucun.e.s des étudiant.e.s mobilisé.e.s actuellement contre le plan étudiants ne saurait être tenu pour responsable ou complice de ces agissements. Nous savons que des militant.e.s d’extrême droite se sont infiltré.e.s dans l’université lors de l’occupation car ces dernièr.e.s ont posté des vidéos de l’occupation sur des forums. Nous travaillons à collecter et à diffuser ces preuves. »

Un combat qui s’avèrera surement difficile pour ces étudiants et pour la réputation de l’université. En effet, certains médias se sont jetés sur l’histoire et, plutôt que de rappeler le combat mené par les bloqueurs qui n’ont rien à voir avec la dégradation des lieux, essaient de donner une image antisémite de Tolbiac. Peu après l’assassinat de Mireille Knoll, les actes semblent en effet corroborer une atmosphère xénophobe à l’égard des Juifs. Pourtant, bien que ces dégradations et agressions soient inacceptables, elles sont parfois étendues à tort aux étudiants de Paris 1, comme le montre l’émission « Quotidien » présentée par Yann Barthès.

Le journaliste commence par ces premières réflexions : « Une fac bloquée où les caméras ne sont pas les bienvenues (…) on a vite compris qu’ici il y a des règles et que ce sont les étudiants qui les fixent ». Il faut dire que le contraire serait surprenant. Il s’agit d’un blocus étudiant, et qui par définition consiste à « bloquer ».

Puis la parole est donnée à un jeune étudiant de confession juive qui explique la « haine » envers les Juifs de l’université : « On sent toujours une haine lorsqu’on dit qu’on est Juif, un ressentiment surtout à Tolbiac, où on a l’impression que le conflit israélo-palestinien revient sur nous les Juifs français ». Un propos personnel certes grave, mais peut-on vraiment l’appliquer à tous les étudiants juifs de Tolbiac ?

S’ensuit dans ce reportage un bref aperçu d’une banderole qui combat l’antisémitisme, mais très vite remise en question par les propos d’une étudiante, diabolisée par les journalistes, qui souhaite avant tout faire la distinction entre les termes antisémite et antisioniste. Car rappelons le, les tags « A mort Israël » ou encore « Palestine vaincra » sont des propos violents mais antisionistes et non antisémites.
A la fin de la video, le journaliste déclare : « dialogue donc impossible », sauf que la réponse de l’étudiante est bien évidemment coupée au montage.

texte et image : Clara Bismuth

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