
VanThorhout, la toupie Alexander Vantournhout au TCI
Au Théâtre de la Cité Internationale, dans le cadre de la sélection New Settings de la Fondation d’entreprise Hermès, c’est en tournant sur lui même que le circassien tente de déconstruire la toute puissance du dieu Thor.
Créée il y a à peine dix jours au Festival Actoral, VanThorhout commence déjà sa tournée. Et c’est tel un pèlerin qu’il arrive au centre. Torse et pieds nus, vêtus d’une jupe culotte. Nous sommes assis autour de lui, en cercle. La première séquence de la pièce est éblouissante. Il se tord sur lui-même dans un pivot. Les bras dansent de façon profonde. Les ouvertures d’épaules frisent la contorsion.
Alexander Vantournhout tourne et tourne encore, sans possibilité de sortir du cercle. C’est donc au centre de ce rond qu’il doit trouver ce que lui seul sait chercher.
Dans un dispositif classique de théâtre de rue, il amène au centre de la place un grand marteau, qui est l’outil de ce dieu scandinave. Ce marteau lui permet de convoquer la pluie et la tempête, il est un symbole de force ultime. Alexander Vantournhout se joue de nous, il nous fait peur et nous menace avant de ployer.
Vous connaissez ce petit jeu: si vous agitez un crayon il semble devenir mou. Sauf que là, le crayon est immense, il est massif.
Alexander Vantournhout a été formé par l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque avant de passer par P.A.R.T.S et il ne cesse depuis ses premiers solos justement de voir comment mixer le cirque et la danse.
Vanthorhout gagnerait justement en puissance en évitant de passer par des tableaux très définis et aux symboles trop évidents. Et là justement, la fragilité tant recherchée sera atteinte et c’est elle qui deviendra une force prête à battre Thor au combat !
Du 10 au 14 octobre au Théâtre de la Cité Internationale, 17 boulevard Jourdan, 75014, Paris
Visuel : ©Bart Grietens