Première vision: les créatifs à l’honneur

16 février 2016 Par Araso | 0 commentaires

L’édition SS17 de Première Vision Paris s’ouvre aujourd’hui à l’espace d’exposition Paris Nord-Villepinte. Cette fois, la grande messe bi-annuelle des couleurs, des matières et de la création met les personnalités de l’ombre à l’honneur.

Note de la rédaction :

Première Vision, c’est « LE » salon annuel des professionnels de la mode par excellence, rassemblant cette année 1725 exposants venus du monde entier. Ces six salons en un réunissent les spécialistes du cuir et de la fourrure (Première Vision Leather), du dessin et de la création textile (Première Vision Designs), des accessoires (Première Vision Accessories), des fils et des fibres (Première Vision Yarns), des tissus d’habillement (Première Vision Fabrics) et de la confection à façon (Première Vision Manufacturing). De quoi permettre à l’industrie de la mode de puiser dans un vaste panel d’inspirations, de se connecter au reste du monde et de trouver de nouveaux partenaires.

Pascaline Wilhelm, directrice de la mode à Première Vision depuis 1998, se réjouit de cette onde d’énergie positive. « Première Vision est un salon international » commente-t-elle, « et cela nous permet de prendre du recul sur notre quotidien« . Les chiffres donnés par Gilles Lasbordes, Directeur Général des Salons Première Vision Paris, sont quant à eux assez encourageants. Malgré une actualité difficile en 2015, notamment liée aux attentats de Novembre qui ont responsables d’une baisse notable de croissance du secteur de l’habillement en France (en chute pour la huitième année consécutive), le marché a vu une très forte percée d’autres pays européens, comme l’Espagne. Le secteur du luxe, quant à lui, « s’est plutôt bien comporté en 2015  » avec une croissance globale de 2%.

Dans la lignée d’un travail de longue haleine, comme l’explique Pascaline Wilhelm, Première Vision poursuit sa démarche de mise en valeurs des créatifs de la mode. Avec un visuel choral rassemblant six ambassadeurs de la profession sous la bannière « sans eux la mode ne serait pas aussi inspirée » la nouvelle campagne rend hommage a ces personnalités de l’ombre dont l’industrie ne saurait se passer. Parmi eux, l’italien Riccardo Bruni, véritable star du design textile qui officie chez Lyria. Son nom est inconnu du grand public pourtant la mode ne jure que par lui, Donna Karan en tête.

Maison d’exceptions: zone sous haute tension créative dédiée aux métiers d’art

Au sein de Première Vision, des espaces spécialisés ont émergé il y a quelques années. C’est le cas de Maison d’exceptions, un pavillon dédié aux métiers d’art internationaux, ancestraux ou modernes. En France, les métiers d’art sont trop souvent cantonnés à la seule sphère culturelle, voire muséale, ce qui a l’avantage de permettre la sauvegarde d’un patrimoine hélas au détriment de leur ancrage dans une économie réelle. Qu’on se réjouisse: à Première Vision on parle avant tout business.

Une occasion unique d’aller à la rencontre de métiers d’art issus d’autres pays, comme le textile tissé de Kirsty McDougall. Tutrice pour la section du même nom au prestigieux Royal College of Arts de Londres, Kirsty commissionne de jeunes designers dont Stephanie Rolph, issue de la célèbre Central Saint Martins à Londres. Fruit de la rencontre entre le talent et le système ultra-moderne à l’anglo-saxonne, le travail de Stephanie est bien ancré dans la dynamique économique de la création contemporaine. « Ce que j’ai apprécié dans mes études est que j’ai pu essayer différents métiers avant de me spécialiser. J’ai toujours pensé que je me dirigerais vers le textile tricoté. C’est en m’essayant au tissage que j’ai choisi cette voie ». Ce système ouvert permet d’attirer à lui une pépinière de talents décomplexés issus des meilleures universités. Kirsty supervise ainsi chaque année le travail de 7 à 8 étudiants, dont la moitié est étrangère. « Le statut social attaché aux métiers de la main est en train de changer en Angleterre » explique t-elle. « Par ailleurs, il est vrai qu’il est toujours sensible d’exposer un patrimoine culturel à une éventuelle concurrence. Mais de nombreux pays ont un héritage fort en termes de métiers d’art. En ce qui concerne le tissage, par exemple, il y a une très grande tradition dans toutes les cultures. Un excès de protectionnisme nous priverait d’un échange précieux de savoir-faire ». De quoi inspirer la France où un mouvement collectif et une vaste campagne s’amorcent, orchestrés par les grands noms du luxe pour recruter et former les artisans de demain.

Le feutrage de la laine est un véritable art au Kyrgyzstan, d’où est originaire Aidai, qui a étudié aux Beaux-Arts de Bishkek. Issue d’une famille d’artisans avec un père célèbre pour la fabrication de yourtes, Aidai a appris très jeune à teindre et rouler la matière. Chez elle, l’artisanat est une histoire de famille qui se transmet de génération en génération.

Il en va de même pour la soierie japonaise Nishiyama. La fabrication de textiles issus du vers à soie dans la région du Mont Hakusan au Japon est vieille de 800 ans. Dans un kimono ultra moderne, intégralement confectionné en textiles Nishiyama, leur CEO Hiroyuki Nishiyama nous parle du métier: « au Japon, le textile est surtout une affaire qui se transmet de père en fils. Nous utilisons des métiers assez traditionnels pour la fabrication de nos tissus, ils sont en bois et nous les manoeuvrons à la main ».

Visuels © Première Vision


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