Une vie sur Mesure, un spectacle tout en poésie

16 février 2016 Par admin | 0 commentaires

Un spectacle tout en poésie sur l’amour pour la musique d’un jeune homme très touchant. À ne pas rater !

Une Vie sur Mesure, c’est 1h30 pendant laquelle Cédric Chapuis nous partage la vision du monde d’Adrien, un adolescent un peu différent. Le texte sonne tout à fait juste et fait la force du spectacle. Ce jeune homme, seul sur scène, se livre sans contrainte, sans se juger, sans même réfléchir à ce qu’il dit. Il suit le fil de sa pensée, sans ordre particulier, mais sans jamais nous perdre. Le public, en effet, est accroché aux lèvres de l’acteur. La fraicheur et la pureté du texte surprennent, font parfois rire avec bienveillance, mais surtout, passionnent. Adrien a des difficultés à comprendre le second degré, il a des relations conflictuelles avec ses parents, n’aime pas l’école… Mais découvre très tôt sa passion pour le rythme, la musique et la batterie. Lorsqu’il parle de son amour pour cet instrument, on comprend qu’il ne peut pas vivre sans. On partage son enthousiasme et on se surprend à entendre des sons que l’on n’avait jamais remarqués auparavant. En effet, la musique fait partie intégrante de cette pièce. La batterie, deuxième actrice du spectacle, est toujours sur scène, prête à réagir. Lorsqu’Adrien souhaite nous faire partager ce qu’il ressent, c’est grâce à la batterie qu’il s’exprime. Colère, incompréhension, joie… Son instrument semble être la passerelle entre le cœur du personnage et le monde qui l’entoure. Ceux qui ont pu voir le très bon film Whiplash de Damien Chazelles en retrouveront avec plaisir l’atmosphère.

En plus d’être un batteur très doué, Cédric Chapuis nous livre un jeu tout en finesse sur la scène du théâtre Tristan Bernard. L’homme d’une quarantaine d’années disparait dès les premières minutes pour laisser place à un adolescent peu à l’aise avec son corps, distrait. Sans jamais tomber dans le ridicule, l’acteur réussit à générer très rapidement un attachement à son personnage. On rit avec lui, on le comprend, justement parce qu’il parait sincère, réel. Avec une gestuelle très esthétique, le comédien appuie les questionnements d’Adrien. Ses hésitations ou son enthousiasme s’expriment directement dans sa façon de se tenir et de bouger. Enfin, son amour pour la batterie se lit dans chaque intonation, chaque regard.

La pureté de ce texte et du jeu sont merveilleusement accompagnés par la mise en scène de Stéphane Battle. Les passages à la batterie choisis semblent tout droit sortis de l’esprit d’Antoine. Les jeux de lumière mettent constamment en avant l’instrument, véritable héros de la vie de l’adolescent. La sobriété du décor, pour finir, met l’accent sur la simplicité de l’histoire. Après tout, qu’y a-t-il de compliqué dans cette déclaration d’amour d’un jeune homme à la musique ?

Amateurs de musique ou non, impossible de ne pas être séduit par Adrien et par son quotidien.

A découvrir au plus vite !

Jusqu’au 2 avril 2016 au théâtre Tristan Bernard. Pièce de et avec Cédric Chapuis, mise en scène de Stéphane Battle.

Gabrielle Huet


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