Un Candide ingénieux et ingénu par Maëlle Poesy

12 janvier 2016 Par Christophe Candoni | 0 commentaires

A la Cité universitaire, c’est une adaptation théâtrale ingénieuse mais trop ingénue que propose la jeune metteure en scène Maëlle Poésy de Candide, le conte philosophique de Voltaire restitué de façon scolaire.

Si l’on considère Candide comme un brûlot anticlérical, antidogmatique, antiobscurantiste, sa lecture par Maëlle Poésy passe pour bien sage et manque de virulence. Si l’on lui préfère ses dimensions picaresque et initiatique, alors sa mise en scène délibérément romanesque enchante car elle met l’accent sur l’errance effrénée du personnage présenté comme un garçonnet aux semelles de vent. En effet, ce Candide aux allures de Gavroche marche, court sans s’arrêter et par tous les temps à travers les terres et les mers du monde. Il bénéficie largement pour cela du caractère frais et enfantin de son interprète. Les autres acteurs passent avec autant d’entrain d’un rôle à l’autre. Leur niveau de jeu paraît parfois inégal mais un bel et énergique esprit de troupe se déploie sur le plateau sans cesse en mouvement.

Si Maëlle Poésy transpose Candide dans un espace-temps plus contemporain et emprunte quelques éléments au regietheater, sa mise en scène se veut davantage teintée de lyrisme et de poésie onirique, donnant souvent lieu à de belles images même si parfois trop appuyées. Une approche plaisante, festive même, de la scène caractérise un geste généreux inventif, mais excessivement didactique qui s’inscrit dans la veine d’un Bellorini.

En usant d’une forme de naïveté – qui appartient certes au regard que porte son personnage principal sur le monde mais pas du tout à l’esprit de son auteur d’une ironie et d’une insolence féroces – Maëlle Poésy ne livre pas un véritable point de vue et n’invite pas à une réflexion poussée sur l’oeuvre. Elle signe un spectacle fort bien mené, d’une limpidité exemplaire pour un public jeune ou qui découvrirait l’ouvrage, mais ne donne finalement pas matière suffisante à « cultiver notre jardin ».

Photo © Vincent Arbelet


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