« Lili » dans une mise en scène fantastique de Daniel Mesguich à l’Épée de Bois

17 mars 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Daniel Mesguich adapte le roman de Clarisse Nicoïdski, « le désespoir tout blanc » dans une mise en scène splendide et irréel à l’Épée de bois. Nous en sommes sortis bouleversés.

Note de la rédaction 

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Une femme adulte est assise devant nous dans son habit de jeune fille sage ou de servante. Elle est Lili. Elle le consent, elle est idiote mais, elle insiste, elle n’est pas folle. Elle est assise, nous le découvrons vite et avec cette découverte le rappel que Daniel Mesguich est un metteur en scène épatant, au milieu de ses souvenirs au sein même de sa psyché.

Devant nous, avec sa voix à l’élocution appliquée elle nous raconte son histoire. Et apportés par ce monologue ininterrompu, les motifs se succèdent: Un crucifix, un cercueil, un lit d’enfant, quelques fantômes aussi. Au milieu de ses objets mentaux, une jeune fille, Lili enfant se promène, rit pleure s’inquiète rampe sur le sol ou se recroqueville dans son lit.

Le texte est admirable dans ce qu’il rend compte de cette distanciation particulière de la simple d’esprit à son corps et de son encombrement candide pour les pulsions, avec cette joie de vivre et de rire, avec cette malice optimisme à éluder les traumatismes, à esquiver les coups et à toujours positiver, car Lili ne souhaite qu’une seule chose, garder le sourire.

Catherine Berriane incarne avec talent Lili entre naïveté enfantine et résignation élimée. Avec elle et grâce à elle nous découvrons bouleversés que Lili, idiote surement mais certainement pas folle a une histoire, une vie psychique, une âme. Une âme qui ne se comprend que comme antagonique à nos propres vies, à ce qui nous soutient. Le théâtre, à l’ordinaire refuse de voir les Lili, à l’instar de la mère de Lili, aveugle et sourde à sa fille et qui lorsque fatiguée de la voir tout de même, préférera pathologiser l’étrangeté et placer Lili. Dans ce désespoir tout blanc

Une pièce particulière à la beauté de mise en scène et de jeu et qui nous donne à voir l’insu.

LILI

Du 07 Mars au 09 Avril 2017
Du mardi au samedi à 20h30
Dimanche à 16h00

D’après Le désespoir tout blanc de Clarisse Nicoïdski
Mise en scène Daniel Mesguisch
Avec Catherine Berriane et Flore Zanni
Costumes Dominique Louis
Collaboration artistique Sarah Gabrielle
Production Cie Miroir et Métaphore-Cie Daniel Mesguich
Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication

 


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