« Blanche Aurore Céleste », récit de vie délicat pour jolie marionnette [Chalon Dans La Rue]

23 juillet 2017 Par
Mathieu Dochtermann
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Vu à Chalon Dans La Rue in extremis, une belle découverte: Blanche Aurore Céleste, de la compagnie La Niña, une petite forme avec une unique marionnette, récit de vie narré à la première personne, de jolies émotions, beaucoup de couleurs, et une manipulation fine et délicate. Sans doute plus adapté à la salle qu’à la rue, il vaut tout de même le détour.

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Il en faut parfois peu pour convoquer la magie: une table, une marionnette, quelques notes de musique, une unique manipulatrice pour un spectacle intimiste. Et tant mieux, car le thème s’y prête bien: le récit de vie de la narratrice, Blanche Aurore Céleste, de ses errements et de ses erreurs, de ses doutes et de ses douleurs.

Pour autant, il s’agit d’un spectacle léger, qui recèle beaucoup d’humour, loin d’un récit qui s’enfermerait dans le pathos. Au moment d’ailleurs où le spectacle atteint la paroxysme de la catastrophe, avec un crime sanglant, la marionnettiste entre en jeu pour désamorcer la tension, dans un dialogue à cœur ouvert avec sa marionnette.

Il y a du mystère et de la poésie, une fort jolie marionnette, ce qu’il faut d’émotions, et une manipulation très fine de Kamille Chante: tous les ingrédients sont là pour un spectacle de marionnettes réussi. On passe un excellent moment, entraîné par les histoires de cœur de Blanche Aurore Céleste, en se disant que, quand même, elle exagère. Il y a peut-être un tout petit peu trop de texte, pour un spectacle finalement pas si court, les instants de respiration et de contemplation ne sont pas nombreux. Faute vénielle, pour une œuvre sensible et agréable, définitivement recommandable.

Joue une dernière fois dimanche au Square Chabas, au sein du très sympathique collectif des Art’iculés.

Texte de Noëlle Renaude
Adaptation, mise en scène, marionnette et jeu : Kamille Chante
Direction d’acteur : Christophe Guétat