Avignon Off : « Sherlock Holmes. Élémentaire mon cher… ! », élémentaire comme le succès éternel de ce détective

19 juillet 2018 Par
Magali Sautreuil
| 0 commentaires

« Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité (Sir Arthur Conan Doyle). » Une démonstration de logique implacable, dont vous retrouverez l’esprit dans Sherlock Holmes. Élémentaire mon cher… ! Contre toute attente, cette pièce, présentée dans le cadre du festival Off d’Avignon au Rouge Gorge, réussit le pari fou de tenir en haleine des enfants tout au long du spectacle avec un texte littéraire du XIXème siècle !

spectacle_23459

Sur scène, un duo de comédiens pour interpréter, non seulement les rôles titres de Sherlock Holmes et de John Watson, mais aussi tout un florilège de personnages pittoresques qui peuplent les souvenirs du plus grand détective de Londres… et vu le nombre incalculable d’affaires qu’il a traitées, ils sont très nombreux !

Avec une vie mouvementée, rien d’étonnant à ce que son bureau ressemble à un véritable capharnaüm : des dossiers éparpillés un peu partout, du matériel d’escrime, des mannequins, des malles, un fauteuil, des tabourets, un transistor… Même une poule n’y retrouverait pas ses petits ! On ne peut guère blâmer Watson de vouloir faire un peu de ménage.

Mais d’abord, afin de bien commencer la journée, il exerce ses talents d’escrimeur dans un duel avec Sherlock Holmes, puis tous deux daignent enfin faire un peu de rangement. Cependant, les bonnes résolutions volent en éclat sitôt que Watson découvre une petite boîte renfermant les souvenirs de l’affaire du rituel des Musgrave. Sa curiosité piquée au vif, son attention se porte désormais entièrement sur cette dernière.

Sherlock Holmes ne se fait pas prier longtemps pour la lui raconter. C’est ainsi que débutent véritablement les aventures de notre duo. Mais plutôt que de se contenter d’un simple récit, nos deux compères vont rejouer l’affaire, comme dans un jeu de rôle. Petit bémol néanmoins : la moustache du député Musgrave aurait mérité d’être poivre et sel pour être raccord avec les cheveux du comédien.

Afin de marquer les changements de lieu et d’époque, la scène est plongée dans le noir et la musique retentit. On a l’impression d’être dans un dessin animé, où la musique accompagne chaque début et fin d’aventure.

L’espace scénique est bien exploité, intégrant même la mezzanine. C’est d’ailleurs une très bonne idée, puisqu’elle nous aide à imaginer certains lieux comme la cave des Musgrave. Elle renforce aussi le côté théâtral de certaines interventions, que vous découvrirez par vous-mêmes.

Afin de tenir le spectateur en haleine, les indices des différentes affaires sont distillés petit à petit. En effet, après le rituel des Musgrave, Watson est intrigué par un autre cas : le meurtre du colonel James Barclay !

Watson et Holmes auraient pu longtemps continuer à enchaîner les affaires, mais l’apparition du professeur Moriarty, le « Napoléon du crime », lors d’un songe du détective, met un terme au petit jeu des deux amis et au spectacle. La simulation du cauchemar manque cependant d’intensité, mais cela ne gâche en rien le spectacle et la compréhension de ce dernier. Toutefois, si ceci est la fin de la pièce, ce n’est en aucun cas celle des aventures de Sherlock Holmes et de son cher Watson ! Et nul doute que les enfants auront sûrement envie d’en apprendre davantage sur le locataire du 221b Baker Street !

Pourtant, ce n’était pas gagné puisque la pièce retranscrit fidèlement le texte littéraire du XIXème siècle de Conan Doyle. Mais le risque s’est avéré payant, les enfants, captivés par le récit des aventures de Sherlock Holmes, restant attentifs tout au long de la pièce.

Informations pratiques :

Sherlock Holmes. Élémentaire mon cher… ! de Sir Arthur Conan Doyle, mis en scène par Christophe Gorlier, avec Christophe Gorlier et Frédéric Onnis (La Comédie d’un Autre Temps), présentée dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 6 au 29 juillet 2018, sauf les mardis, à 10 heures 20, au Rouge Gorge, Place de l’Amirande, 84000 Avignon. Durée : 1 heure 05.

Visuel : ©Affiche officielle

Tous les articles de la rédaction à Avignon sont à découvrir ici.