[AVIGNON OFF] Encore une heure si courte au théâtre Girasole

13 juillet 2016 Par Maïlys Celeux-Lanval | 0 commentaires

Sur la scène du théâtre Girasole, quelques cubes sont dispersés au hasard. Soudain, une tête émerge ; puis, une autre. Commence alors un ballet amusant entre trois hommes en costards-cravates et des caisses de bois peint : Encore une heure si courte mêle théâtre d’objet, bruitages et acrobaties avec une joie un peu absurde. Drôle et attachant, le spectacle réunit trois comédiens espagnols venus du mime, des marionnettes et du théâtre physique. Très joli !

C’est bien connu : pour être maladroit sur scène, il faut être le plus adroit des hommes. Encore une heure si courte en offre la preuve formelle avec une somme incroyable de chutes maîtrisées, de poses instables domptées et de passages périlleux affrontés avec brio. C’est donc l’histoire de trois hommes déterminés à utiliser les cubes qui les entourent pour parvenir à un autre monde, s’aidant de planches qui se transforment en balancelles et des corps de leurs camarades. Arrivés dans cet autre monde, un océan de feuilles blanches les accueille, évoquant les débauches de photocopies d’une multinationale infernale. Commence alors la danse cliquetante de la routine du travailleur, et gare au premier qui fera une erreur… Métaphorique ou simplement très inventive, la chorégraphie de nos trois amis est cocasse et très attendrissante : il y a de la naïveté et de la couleur dans les frasques de ces anti-héros clownesques.

Aussi, ces trois hommes venus d’ailleurs parlent une drôle de langue, dans laquelle on entend un peu d’Espagnol, un peu de Français et un peu d’Allemand, mais bon, rien de certain. Leurs mots inconnus ont toutefois la vertu de parfaitement résonner avec la création musicale du compositeur grec Georges Aperghis, hymne aux sursauts électriques et aux onomatopées grinçantes qui les accompagne joyeusement. Ainsi, de cube en cube, de rouge en jaune, la balade est aussi bien visuelle que sonore, et l’on rit aussi bien d’une note que d’un mouvement hasardeux.

Savoureux, ce théâtre d’objet très humain fait rire et ajoute à la folie furieuse avignonnaise une pointe de douceur et d’enfance ; une merveille.

Du 7 au 30 juillet à 10h20. Relâche le 18. Réservez en ligne ou au 04 90 82 74 42.


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