[Live Report] Paris New York Odessa au Carreau du Temple

22 septembre 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Dans le cadre du Tandem Paris-New York 2016, le Carreau du Temple invitait pour deux soirs, le groupe Paris New York Odessa pour un voyage musical nous emmenant des Shtlels à Brodway.

Note de la rédaction :

Depuis que le clarinétiste David Krakauer a ouvert le bal en 1988, le Yiddish, du moins dans sa version chantée, n’est plus une langue morte assassinée par les nazis. Pour Laure et Olivier Slabiak cela est une évidence. Accompagnés de Marine Beelen, Anne Lou Bissières et Ivica Bogdanic ils forment le groupe Paris New York Odessa. Ces habitués du Festival d’Ile de France étaient hier et seront ce soir sur la scène du Carreau du Temple. La symbolique est évidente. le Carreau était le centre névralgique de la communauté juive avant Vichy et la Shoah.

La grande force du groupe est de redonner vie à ces chansons chargées de mémoires. Le concert est ponctué de textes,  extraits du livre de Georges Perec et Robert Bober, Récits d’Ellis Island. Et c’est là que la proposition pèche. La direction d’acteurs de Louise Moaty n’est pas efficace, on ne rentre pas un seul instant dans ces vies traversées par les drames. Si l’idée de manipuler des archives dans une valise pour les projeter est jolie, elle pose question : d’où sortent ces images, peut-on coller de la sorte le passé et le présent sans l’accompagner  ?

On se concentrera plutôt sur le concert en lui même. Paris New York Odessa n’a rien à prouver. Olivier Slabiak qui a fondé Les yeux noirs intervient en chef d’orchestre, ponctuant immédiatement les mélodies du passé de samples electro. Ce que veut dire Paris New York Odessa c’est la permanence de la migration. Les bateaux débordant d’hommes et de femmes sont toujours les mêmes. 

Les chansons puisent dans la liturgie juive, on aura entendu un « Kaddish » -la prière des morts- dans une version totalement revisitée en jazz klezmer et éléctro  et un « Mode Ani », la prière que les hommes juifs pratiquants font le matin. Ce qui est passionnant ici c’est la fusion des styles et des origines. Le groupe ne se prive pas d’une reprise pour le coup vraiment génial de « Bei Mir Bist Du Shein » des Andrew Sister. Cette chanson est un concentré de l’histoire de l’immigration juive à New York. Les Andrew Sisters ont chanté habillées en soldates, et pour cette chanson là, elles mélangent l’anglais et le yiddish. Le voyage semble terminé.

PNYO – Bei Mir from TACT on Vimeo.

 

Visuel : ©FestivalIdF


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