La playlist de l’été – épisode 3

14 juillet 2018 Par
Antoine Couder
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Cette semaine, Kalimba, Prince Miaou, Ty Segall&White Fence, Kobo et Womb.

 Womb – Ghost of Chrismas

Avant, on appelait ça de la Power ballad, un vocabulaire old school pour vieux mélomanes avertis et appréciant le second degré ; parce que la montée en puissance en crescendo était d’ordinaire réservée aux jeunes vierges cachant leur désir de lycéenne derrière un refrain d’amour. La musique électronique a changé la donne, créant un moment hypnotique dans ce qui n’était qu’un rêve de pucelle à la dérive. La profondeur métronomique envahit les esprits qui se détachent des corps et planent alors sur le dance-floor, dans l’infinité des soleils couchants.

 

Baltimore – Kobo

Fort du soutien du grand Damso, le petit Kobo challenge sérieusement la mise en image d’un titre classique dans son propos mais qui rebondit – frappant- dans les détails. Contrôle du mouvement sur une caméra placée sur le siège passager de la voiture. Zoom et rezoom,accélération et stop… La roue de vélo en ouverture de la ballade dit à peu près tout de son sujet : une vie circulaire de jeune prodige qui tourne court dès lors que l’on relâche l’attention, que l’on arrête d’aligner les mots automobiles qui seules garantissent un peu plus de style dans une vie qui se dissipe dans l’ennui. Mais qui n’a pas rêvé de briller ?

 

Kalimba – Animeteid

Esthétique plus classique pour musique presque classique : un trip hop raffiné pour la relecture d’une féline qui dégouline de code écolo-gore et embarque dans une nouvelle dimension. Ridley Scott a remplacé Jacques Tourneur mais le tempo est toujours aussi réussi, à la fois imprévisible et super-gothique. Transe zombie en version fashion-week et modérée par une voix qui s’envole, enjôleuse et triomphante, jusqu’au final brutal et bien joué. Attention, ça va saigner.

 

Flip the switch – Prince Miaou

Avec Miaou, on entre dans le dur, entre régression rock’n roll et cauchemar d’enfant, le prince est aux commandes du cahot, des êtres poilus et menaçants qui jouent à se prendre en photo, à singer en singe la hype animale. Un effort pour redevenir ce que l’on a été, ne pas se laisser embarquer ou bien quoi ? Girl Power qui tape franco sur les doudous devenus monstres… Une histoire typiquement freudienne qu s’évanouit comme elle est apparue, en un clin d’œil.

 

Good boy – Ty Segall &White Fence

Mea Culpa, après avoir copieusement craché sur l’autosatisfaction du sieur Segall, sa grâce virtuose et son manque d’imagination, on est trop content de le retrouver un peu premier Pink Floyd pour ce « Good Boy » qui ouvre l’album et inverse l’équation de la « bonne » chanson. Pour sûr qu’ils ne pensent qu’à ça, les garçons … comment la faire naître la belle et simple chanson, comment la féconder pour la laisser vivre. Cette fois, on y est presque.

visuel : prince miaou