Comment Ludovico Einaudi a enflammé la Philharmonie de Paris

3 février 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le 30 Janvier 2016, la Philharmonie de Paris programmait pour une date exceptionnelle un concert du pianiste et compositeur italien Ludovico Einaudi. Un pur moment d’émotion pour une foule d’aficionados venus acclamer le maître de la musique classique minimaliste. 

Note de la rédaction :

Ludovico Einaudi fait figure d’ovni dans le paysage musical contemporain. Inclassable, il n’est ni « classique », ni « minimaliste », et ne se réclame d’aucune école. Il se sent proche de Philip Glass tout autant que de Radiohead. Un peu comme Erik Satie à l’époque des Gnossiennes, il a été longtemps taxé de compositeur simplistes par les critiques acerbes qui jugeaient sa musique trop abordable.

Ludovico Einaudi est né en 1955 dans la bourgeoisie turinoise, et son grand père, Luigi Einaudi, n’est autre que le premier président de la République Italienne d’après-guerre. De formation classique, le jeune Ludovico témoigne très tôt une grande ouverture à tous les courants musicaux, du rock à la pop en passant par les musiques traditionnelles.

En 2004, alors que sort son album Una mattina, la huitième de ses oeuvres, il est toujours inconnu en France tandis qu’en Angleterre il remplit le Royal Albert Hall. En 2007 il se produit à Paris au Trianon. D’une grande simplicité, le visage souriant, extrêmement abordable, Ludovico avait déjà enchanté la foule de ses sons mélodieux et enveloppants. A l’occasion de la sortie de Divenire, la texture sonore de ses compositions s’épaissit, le piano est rejoint par un quartette à cordes.

Depuis il y a eu Intouchables, dont il compose la bande son, et Mommy de Xavier Dolan. Et nous voici, début 2016, à la Philharmonie de Paris. Entretemps, de nouveaux instruments ont continué de rejoindre le piano iconique, que ce soient des violons, des orchestres ou des composants électroniques.

Ce samedi 30 janvier, dans la grande salle de la Philharmonie quasiment au complet, Ludovico Einaudi accompagné de cinq musiciens et d’instruments divers dont un surprenant waterphone, a recréé le rêve au travers d’une balade dans sa discographie. Au beau milieu de ce spectacle de plus de 2h30, le maestro, seul à son piano, s’est lancé dans un enchaînement composé de ses mélodies fétiches issues de tous ses albums, d’Una mattina à Elements. Ainsi a-t-on pu écouter Monday, le mélancolique, Primavera, l’aérien, Divenire, le symphonique ou encore Una mattina, de l’album éponyme. Un medley absolument jouissif. 

La scène s’est quant à elle habillée de lumières, de projections videos, de nouveaux sons, d’étoiles stroboscopiques. Grande limite de l’habillage qui doit s’arrêter là où commence la pureté de la mélodie: la musique de Ludovico Einaudi, naturellement cinématographique, n’a besoin d’aucun artifice, n’en déplaise aux médisants. Debout, en liesse, le public l’a rappelé haut et fort samedi soir, reconnaissant.

Visuel © Cesare Ciccardini


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