« Les jours enfuis », les héros élégants de Jay McInerney font face à la fin des années 2000 à New-York

6 mai 2017 Par
Yaël Hirsch
| 0 commentaires

Cela faisait près d’une dizaine d’année qu’on attendait le nouveau roman de Jay McInerney arrive avec l’été aux éditions de l’Olivier. Et nous plonge dans la haute société du New-York de la veille de l’effondrement de Lehman Brothers et de la première élection d’Obama. Toujours aussi délectable.

inerney

Le couple mythique de personnages que McInerney fait évoluer depuis 1987, Russell et Corrine Calloway vit toujours dans son loft de Soho. Les jumeaux ont 11 ans. Russell est toujours éditeur et a un nouveau poulain venue du Tennessee, tandis que Corrine est toujours très impliquée dans la distribution de nourriture en ville depuis son travail à la soupe populaire après le choc du 11 septembre. Ils sont baux et élégants, ont préféré l’Art et les belles causes, donc un peu moins riches que leurs meilleurs amis et même s’ils font l’amour moins souvent, ils forment toujours un couple solide et amoureux, qui reçoit toute la haute-société new-yorkaise. Sauf que le passage à la cinquantaine est compliqué par les tensions politiques et économiques des années 2007-2008, que Russell publie un vétéran un peu étrange et que Corrine rencontre un aventurier parti sauver l’Afrique du Sud… Bien après « trente ans et des poussière », Le binôme Russel-Corrine va-t-il passer la crise du milieu de la vie?

Toujours aussi foisonnant, riche de personnages secondaires dignes de Mad Men, de dames riches qui s’habillent acquisitions en galas de charités, de restaurants aux menus à 13 plats invraisemblables et de crises de couples nombreuses et vénéneuses, Les jour enfuis se lit comme on regarde une saison de Gossip Girls : d’une traite. Les textos et les mails trompeurs font leur apparition dans cette fresque qui nous permet de nous retourner dix ans en arrière sur le New-York de la crise des subprimes et qui nous permet de mesure la fin d’un monde. Alors que les enfants commencent à avoir une (petite) voix au chapitre, l’on attend l’épisode ou les héros seront grand-parents avec une impatience non dissimulée.

Jay McInerney, Les jours enfuis, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville, L’Olivier, 496 p., 22.50 euros.
visuel : couverture du livre.