La Sélection talents 2017: le Groupe Ouest et la Fondation GAN accompagnent des projets de 1er ou 2e long-métrages

10 mars 2017 Par
Olivia Leboyer
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talents2017

Réaliser un film demande du temps, du talent mais aussi une capacité à convaincre de l’intérêt de son projet : la Sélection, créée en 2015 par le Groupe Ouest et la Fondation Gan (en partenariat avec le Film Français et le CNC), offre aux réalisateurs d’un premier ou deuxième film l’opportunité de toucher les producteurs, le plus directement possible. TLC a assisté, jeudi 2 mars, à cette enthousiasmante journée de rencontres.

Comment donner les meilleures chances à un projet de film ? Le Groupe Ouest offre des lieux de résidence d’écriture et de coaching, où les réalisateurs en herbe se soumettent à la critique bienveillante et constructive de professionnels, afin d’affiner leur idée de départ.

Ce jeudi 2 mars, nous avons assisté à une autre étape dans l’accompagnement des projets retenus : dix réalisateurs se sont prêtés à l’exercice délicat du « Raconte-moi ». En seulement 5 minutes, il s’agit de raconter au futur public l’argument du film. L’intrigue, bien sûr, mais aussi et surtout le ton, l’esprit du film. Faire entendre une voix singulière, en quelques courtes minutes, suspendues et fragiles. Les dix « raconte-moi » se succèdent, le long de la matinée : après chaque pastille, le ou les réalisateurs montent sur scène pour répondre à quelques questions, en une dizaine de minutes. Si le rythme est trépidant, les « raconte-moi » réussissent, chacun, à imposer un regard, à nous intriguer.

Présents dans la salle, des producteurs attendent d’être séduits, étonnés, intéressés par l’un ou l’autre de ces récits. Directement après les projections, un délicieux cocktail-déjeuner permet aux échanges informels de se nouer, avant une série de rendez-vous individuels dans l’après-midi.

Et ces dix projets ? Sensibles, sociaux, touchant aux questions d’identité, les sujets se répondent sans se ressembler. Avec Les Désorientaux, Chloé Mazlo et Yacine Badday nous immergent dans le quotidien d’un couple dans le Liban des années 50, entre animation et images réelles, avec une énergie comique tonifiante. Chloé Mazlo nous le confirme, sa famille a coutume de raconter des événements horribles, mais ça se termine toujours par un « Qu’est-ce qu’on a pu rire ! ». De l’énergie aussi chez Marion Desseigne Ravel  (Les chats ont neuf vies, moins beaucoup moins), qui raconte la découverte, par une jeune femme, de son attirance pour une femme, qu’elle prend d’abord pour un homme. Déguisement obligé, car la jeune femme est sans papiers et tente, en France, de poursuivre ses études. Elle va redonner vie à la Française qui n’osait pas suivre ses désirs. Dans Natacha, de Sophie Gueydon, c’est à Calais qu’une jeune femme sans grand avenir va, soudain, s’impliquer dans les passages illégaux des migrants. Elle aussi, à sa manière, doit quitter sa vie d’avant et tenter une renaissance. Soleil noir d’Emmanuel Laborie nous parle aussi d’une femme quinquagénaire qui part, et même qui disparaît, au mitant du film, attirée par l’univers troublant des « électro-sensibles », au cœur de la forêt. L’enfant bleu, adaptation par Lydia Erbibou et Laure Protat du roman d’Henri Bosco, nous rend sensible la psyché violente et créative d’un enfant psychotique, que nous voyons par les yeux de la psychologue, qui a perdu son enfant. Frida Molky de Pierre Mazingarbe et Laure Desmazières prend les chemins de traverse de la science fiction pour parler, aussi, de marginalité et d’utopie communautaire. Sorte de Mad Max écologico-romantique, original et barré. All blood runs red, de Louis J. Gore et Caroline Vermalle, retrace le destin mouvementé et héroïque d’Eugène Bullard, premier pilote de chasse noir, avec un graphisme sensuel et un jazz enveloppant. Géraldine Keiflin se propose, dans Le Nez, de pénétrer dans les zones obscures d’une utopie a priori généreuse : un pensionnat pour orphelins défavorisés fait le pari fou d’éduquer ces jeunes par le beau et le luxe. L’un d’eux, se découvre un don, un odorat très développé, et intègre la prestigieuse formation d’œnologie. Les Dévorants de Naël Marandin (qui avait déjà réalisé La Marcheuse) nous introduit dans le monde viril et rugueux des exploitations agricoles, où l’on va suivre les décisions d’une jeune femme traitée et soupesée un peu comme un animal. Les projections se terminent sur La bonne chaleur de l’animal, de Jean-Charles Paugam : un titre humaniste pour une histoire grinçante, punk et inconfortable entre deux solitudes irréductibles, un drogué asocial et une vieille dame indigne, sans bons sentiments superflus mais avec de l’esprit.

Comment choisir ? Un grand merci à la Sélection pour ces découvertes. Paradoxalement, on éprouve l’impression fugace d’avoir entrevu le film à venir. Evidemment, on a hâte de les voir dans quelque temps sur les écrans. Comme l’a dit Céline Sciamma aux Césars 2017, nous sommes en attente des récits qui nous manquent.

visuels: affiche officielle de la Sélection 2017.


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