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Rencontre avec Lauriane Roche, fondatrice de On The Other Fish : « Ma force c’est le design et la personnalisation »

Rencontre avec Lauriane Roche, fondatrice de On The Other Fish : « Ma force c’est le design et la personnalisation »

13 juin 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Vous l’avez croisé sur le fil Instagram de Toute La Culture, un tote bag signé par Laetitia Larralde et édité par On The Other Fish commence à sortir de l’eau. L’occasion pour nous de rencontrer Lauriane Roche, la maman de On The Other Fish,  une startuppeuse en herbe qui transforme des sacs en tissus en indispensables must-have. 

Bonjour Lauriane, vous êtes installée dans les Halles Pajol. Que faites-vous ici ?

 Je suis intégrée au sein des Ateliers Draft, un espace de co-working de rêve qui me permet à la fois d’avoir accès à une imprimante textile louable à l’heure mais aussi d’échanger avec des créatifs de tous horizons.  Quand j’ai commencé à monter ma marque j’avais 5 sacs par semaine ou par mois à imprimer donc je les faisais faire à l’extérieur, mais très vite je me suis heurtée à des problèmes de délais. Ici plus de soucis je peux gérer ma production au jour le jour et profiter de toutes les machines mises à disposition pour expérimenter et imaginer de nouveaux projets.

Entrer à la Halle Pajol, est-ce une procédure compliquée ?
Non. Chez Draft la part belle est faite à la création et au partage, ce n’est pas juste un co-working où on peut venir à la journée et au mois, mais c’est aussi une petite famille où chacun est le bienvenu pour réaliser un projet ponctuel ou pour trouver un espace de travail agréable. Le mieux reste encore de venir rencontrer Anne et Quentin les fondateurs qui se feront un plaisir de vous faire visiter.

Quel est votre métier ? 
J’étais graphiste au sein d’un collectif. Je m’ennuyais un peu et j’avais une réelle envie de monter quelque chose. J’ai commencé par créer pour ma sœur une box « my little biche » et pour ça j’ai imaginé un sac « my super mom ». Finalement forte des encouragements de mes proches j’ai édité 10 exemplaires de ce sac  et l’ai proposé sur ma boutique «  a little market » (un e-shop de créateurs). Quelques commandes plus tard On The Other Fish était né.

Vous faites des sacs canons pour des enterrements de vie de jeune fille. Vous créez forcément pour des événements ? 
Non, pas forcément. Je propose une sélection de « sacs à personnaliser » pour les mariages et EVJF mais pas que… On The Other Fish c’est une sélection de sacs personnalisables pour tous les évènements qui font notre quotidien mais il y a aussi des collections permanentes, des accessoires et pas mal de surprises.

Quel genre de collections permanentes ?

J’ai dessiné « Les filles de », des sacs ornés de pictogrammes qui représentent ma vision des différents quartiers de Paris : « Filles de Répu », « Filles du marais », « Fille de Montmartre » et bien d’autres… Aujourd’hui cette collection a mûri, se décline sur différents supports et dans différentes villes et est vendue en boutiques. Tout cela a commencé lorsque j’ai eu la chance l’an dernier d’être repérée par  Le bon marché. En visite aux Ateliers Draft pendant que j’imprimais ma collection des « Filles de » ils m’ont proposé de participer à leur exposition sur le thème de Paris, nous avons donc collaborés et la collection à cartonné !

Quels sont vos projets, j’ai la sensation d’un mouvement ?
La collection des « Filles de » prend de l’ampleur , j’ai un commercial qui s’occupe de présenter mes sacs « Filles de » et leurs déclinaisons sur la côte Atlantique, je suis ravie de voir qu’elles font un carton sur les plages. Je suis également en discussion avec le Bon Marché pour ma nouvelle collection enfant  : « Kids de Paname », des sweats et t-shirt pour les Kids de Paris et d’ailleurs. Pour finir je fais aussi des pin’s à tomber !

Mais revenons aux origines, pourquoi les tote bag ?
J’ai eu deux enfants et à force de porter des sacs de diverses marques pour transporter toutes leurs affaires, j’ai eu envie de créer mes propres Tote bag siglés à leur prénom. J’ai trouvé que c’était un super concept de sac à langer. Car c’est un produit qui n’est pas très cher, et donc interchangeable au grès des envies !

Quel est le prix ?
14,90 euros « all inclusive » pour mes tote bags classiques: Personnalisés, imprimés etc. Et les sacs de la collection des « Filles de » sont à 25€ : ce sont des sacs plus épais avec une poche intérieure. Je propose aussi des pochettes personnalisées à 10€ ou encore des sacs de plage à 25€.

Vous devez lever de l’argent ?
Oui il faut d’abord que je monte la société, là je suis auto-entrepreneur. Il va falloir que je quitte Draft pour voler de mes propres ailes , et acquérir mes bureaux,  mon imprimante, bref me créer un espace de travail sur-mesure. Au départ j’utilisais l’imprimante une demi heure tous les mois, maintenant, c’est trois à quatre heures  par jour donc l’offre locative devient moins avantageuse pour moi. Pour monter ma boite j’ai le projet de faire une campagne de crowdfunding.

Culturellement, quelle perception avez-vous du Tote Bag ?
C’est un peu arrivé tout d’un coup, c’est même arrivé avant l’invention des sacs plastiques. Il y a un côté écolo responsable du Tote Bag. J’étais à New-York, il n’y a pas longtemps et il y en a beaucoup aussi, alors qu’à Tel aviv par exemple, aucun, c’est un marché à prendre (rires) !! Le tote bag a vraiment fait son apparition en tant que goodies distribué par les marques. Aujourd’hui il faut avoir SON Tote bag et ce support est génial car il permet de se distinguer mais aussi de faire passer des messages, de faire sourire, bref on les adore non ?

Les sacs remplacent les dragées dans les mariages ? 
Pas encore malheureusement… J’ai fais des tote bags en grande quantité pour des mariages ou des Baptêmes aux Etats-unis. En France ça coûte encore un peu cher et au vu de mes conditions de production je ne peux malheureusement pas rivaliser avec les sociétés à très fort rendement et proposer des tarifs aussi attractifs que des dragées pour mes tote bags. Ma force c’est vraiment le design et la personnalisation. Il m’arrive de créer trente sacs, chacun différent pour un enterrement de vie de jeune fille. Le principe est : les gens choisissent le design et change le prénom, le lieu, la date… Souvent, des personnes  me présentent leur faire-part et me demandent si je peux adapter un petit truc en fonction, comme on l’a fait pour Toute La Culture.com

Vous faites des recherches de logo pour des clients ?
Oui, nous faisons aussi de la créa quand des clients ont des demandes spécifiques, On a par exemple travaillé avec une marque de cosmétique pour leur faire des sacs personnalises pour chacun de leur vendeur, On travaille avec des agences de com pour des événements en proposant de la personnalisation.

C’est de plus en people là ! C’est le succès !
J’ai deux stagiaires, je ne dors plus (rires), hier à minuit j’ai fais l’inventaire dans ma cave. Non je suis encore dans « il faut que ça marche » alors que ça marche déjà bien.

C’est la différence entre l’argent et la notoriété
Oui complètement, car tous les gens que je croise me disent « c’est vraiment génial, çà cartonne, bravo! »

Alors où acheter les créations de  On The Other Fish  ?

Avant tout sur mon e.shop, On livre dans le monde entier et en France en quelques jours. Cet été On sera chez Merci pour les pin’s et les sacs Filles de. J’ai quelques boutiques sur la Côte atlantique. Je n’ai pas le temps  de démarcher, j’ai donc peu de boutiques à Paris. Et nous sommes aussi vendus au musée Montmartre.

Portez-vous vos sacs ?
Oui ! En ce moment je porte le sac « Fille de Bordeaux » et je porte bien sûr les pin’s aussi, à fond !

Visuels :  On The Other Fish

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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