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#Not in my name

#Not in my name

30 septembre 2014 | PAR Fanny Bernardon

Dans la lutte et la dénonciation qui s’organisent en Europe et partout dans le monde contre l’Etat islamique, des jeunes gens se sont regroupés sous le hashtag  #Notinmyname, exprimant ainsi leur refus en tant que musulmans d’être assimilés aux terroristes de l’Ei. Ces témoignages qui arrivent d’un peu partout et qui pullulent majoritairement sur Twitter ne font pas l’unanimité.

Suite au décès des otages James Foley, Steven Sotloff, David Haines et Hervé Gourdel, de jeunes musulmans britanniques ont brandi le populaire hashtag pour faire entendre leur voix. Alors qu’en Arabie Saoudite et en Egypte, des actions de dénonciation de cet acabit ont déjà été engagées, c’est au tour de l’outre-Manche d’affirmer haut et fort que les musulmans condamnent les exécutions d’otages et les violences barbares qui caractérisent désormais l’Ei.

Dans une courte vidéo dont la longueur ne la dénude pas de l’émotion qu’elle suscite, des jeunes et des moins jeunes s’adressent directement à l’Ei et accusent.

« L’Ei ne représente pas l’islam ni aucun musulman. »
« Parce que ce que vous faites est inhumain. »
« Parce que vous êtes injustes ».

Ces images ont d’abord été à l’origine d’un large mouvement de soutien, puis rapidement d’autres voix se sont faites entendre. Parmi les musulmans, certains ont été choqués de ces justifications devant le reste du monde. Ces témoignanges représentent en effet pour eux, un aveu de faiblesse, celui que les musulmans ont à s’excuser pour les crimes commis par l’Etat islamique.

Dans le Courrier International, un journaliste musulman explique que son djihad a lui « n’est pas un combat millénariste pour le califat. Pour [lui] « djihad » signifie « lutte » et ça consiste à arriver à l’heure à [son] travail, à caser [ses] prières dans la journée et à faire en sorte de téléphoner à [sa] mère trois fois par semaine. »

Du reste, d’autres voix s’élèvent plus sévèrement face à cette démarche de désolidaristation. Une chercheuse au Groupe d’études sur l’Ethnicité, le Racisme, les Migrations et l’Exclusion, Corinne Torrekens pose la question de savoir si l’on demande par exemple « aux catholiques de se désolidariser des prêtres pédophiles ».

Et on vient nous parler d’amalgame !

#Notinmyname n’est peut-être pas la plus réfléchie, efficace et judicieuse façon de condamner l’atrocité des crimes de l’EI ; elle n’est peut-être pas approuvée par l’ensemble des musulmans qui pour certains refusent cette identification d’une part et cette justification d’une autre quant à leurs différences d’avec les jihadistes; elle n’est peut-être pas historique mais elle fait avec ses armes à elle, humanité, solidarité et conscience, un pas contre les barbaries moyenâgeuses d’une entité violente qui bâtit son état de terreur et de sang.

Visuel à la Une et visuels : @Captures d’écran vidéo Youtube #Notinmyname

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Fanny Bernardon

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