Théâtre
« Zelda et Scott» au Théâtre La Bruyère à Paris : Sara Giraudeau au sommet de son art

« Zelda et Scott» au Théâtre La Bruyère à Paris : Sara Giraudeau au sommet de son art

01 octobre 2013 | PAR Christophe Dard


Sara Giraudeau et Julien Boisselier endossent les habits de l’un des couples les plus mythiques de la littérature du XXème siècle, partagé entre une passion débordante et des excès dont la seule limite est la mort. En prime, les spectateurs ont même droit un concert de jazz…

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C’est l’histoire d’un couple aussi destructeur qu’inséparable avec l’alcool comme source d’inspiration puis de déchéance. L’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald et son égérie Zelda ont vécu une passion de 20 ans. Le dandy fait de son épouse, une fille du Sud des Etats-Unis, une héroïne pour chacun de ses romans sans jamais oublier de se servir un verre de gin. Très vite, le couple devient le symbole de cette Amérique insouciante des années 20 qui ne voit pas la crise de 29 à l’horizon.
C’est le point de départ de la pièce de théâtre. Une Zelda magnifiée par une Sara Giraudeau parfaite dans le rôle de la femme-enfant veut un bébé de son Scott interprété par Julien Boisselier. L’alcool n’est pas très loin car en échange d’un enfant, l’égérie donne une bonne bouteille à l’auteur de Tendre est la nuit. Et les excès sont déjà là. Fitzgerald refuse et Zelda n’hésite pas à aller sur la corniche et menace de sauter dans le vide.
Ernest Hemingway (Jean-Paul Bordes) débarque bientôt. L’auteur n’a pas le charisme, la célébrité et le succès de Fitzgerald mais qu’importe. Les deux hommes deviennent très proches.

L’exil sur la Côte d’Azur, le début de la déchéance
Après quelques notes de jazz par le Manhattan Jazz Band (et oui il y a même de la musique dans cette pièce), on retrouve nos trois protagonistes sur la Côte d’Azur. Le couple et Hemingway ont fui la crise de 29 pour chercher du calme dans le sud de la France. Mais dans leurs bagages, ils ont embarqué leur goût de la fête et rajouté la névrose. La génération montante est devenue la génération perdue. Fitzgerald boit de plus en plus et l’inspiration le fuit à tel point qu’il fouille dans les écrits de sa compagne pour trouver matière à écrire. La muse sexy et pleine de vie de New York ne se contrôle plus. Elle veut s’émanciper de son mari, écrire, peindre mais déjà elle récite les gammes de sa future folie.
Comme à New York, Ernest Hemingway voit le couple se détruire. Mais cette fois il est suffisamment proche du couple pour dire ses 4 vérités à Fitzgerald, quitter Zelda, arrêter de boire et se remettre au travail. Désormais, l’auteur de Gatsby devenu un écrivain moyen déconnecté des réalités de son époque a besoin d’Heminghaw pour « toucher la littérature ». Et le second acte se termine comme le premier par du jazz, contrebasse, trompette et batterie.

Zelda à l’asile
Et puis vient le dernier acte de la pièce, là où Sara Giraudeau sublime littéralement son personnage. Nous sommes en 1948. Zelda est à l’asile avec pour univers une camisole et des tournesols et elle va mourir dans l’incendie de l’établissement. Elle ne sait même pas que Fitzgerald est mort depuis plusieurs années et apprend son décès dans un vieux journal qui sert à envelopper des flashs d’alcool… L’alcool, encore et toujours comme dénominateur commun et sournois d’un couple promis à la dérive mais aussi à la postérité…

INFOS PRATIQUES :
Zelda et Scott/ de et mise en scène de Renaud Meyer.
Avec Sara Giraudeau, Julien Boisselier, Jean-Paul Bordes et les musiciens du Manhattan Jazz Band.

Visuel : crédit photo LOT

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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