Théâtre
Un roi Christophe opératique

Un roi Christophe opératique

01 mars 2017 | PAR Christophe Candoni

Christian Schiaretti, patron du TNP, s’empare de La Tragédie du roi Christophe, la pièce-maîtresse des « tragédies de la décolonisation » d’Aimé Césaire qu’il monte comme une fresque historique et opératique à la manière passéiste d’un Zeffirelli. Du grand et vain spectacle. 

Ils sont sur le plateau près d’une quarantaine d’interprètes, acteurs et musiciens, français, belges, burkinabés, congolais, avec, à leur tête, le charismatique Marc Zinga qui joue le rôle-titre. Tous portent haut le verbe lyrique et enflammé du poète martiniquais. Mais, bien sommairement dirigées, autant de forces en présence sur la scène nue baignée de lumières chaudes et nuitées s’offrent comme un grand tableau illustratif et figé. Le caractère très politique de la pièce de Césaire ne trouve pas suffisamment de poids dans les images esthétisantes et réductrices qu’en propose Schiaretti. Le texte interroge pourtant le pouvoir et son exercice dans toutes ses ambivalences entre bienfait et tyrannie. Ancien esclave devenu monarque, Henri Christophe tente de mettre au travail ses sujets oisifs et fêtards pour construire une citadelle, symbole de l’identité nationale du peuple haïtien affranchi et mis face à son destin. Bien peu de vie et de consistance affleurent dans cette représentation qui oscille entre académisme et carnaval et qui s’apparente davantage à une mise en place qu’à une mise en scène.

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Studio Théâtre (STS)
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