Théâtre

Nous sommes tous.tes lutteurs.ses à La Commune d’Aubervilliers

Nous sommes tous.tes lutteurs.ses à La Commune d’Aubervilliers

08 décembre 2016 | PAR Ophelie Masson

« Sport de combat dans le 93 : la lutte » est un projet de la Revue Éclair, sur un texte de Stéphane Olry. Pendant une heure trente, le public assiste à l’entraînement des lutteurs-ses du club Les Diables Rouges de Bagnolet. En fond et par intermittence, la narratrice incarnée par Corine Miret nous parle de ce sport méconnu en France, et de son rapport à la lutte, en tant qu’ancienne danseuse.

lutte

Un lutteur sommeille en nous
L’entraînement commence par l’échauffement des corps. Courir, chauffer les articulations, réveiller les muscles. Sur le tapis, on peut voir des personnes de tous âges (disons entre 6 et 50 ans) et de toutes les gabarits. Sur le banc posé sur le côté, un père et une femme observent la scène. Corine Miret commence à nous raconter qui elle est, une danseuse mise à la retraite forcée après une blessure, et pourquoi est-ce qu’elle vient regarder les Diables Rouges s’entraîner. Elle nous parle de la lutte, de sa symbolique et de ses valeurs : « ne pas faire mal, ne pas se faire mal ». De son histoire aussi. « Partout où il y a des pauvres, il y a des lutteurs, disait Mirail ».
Pour gagner, il faut parvenir à maintenir les épaules de l’adversaire au sol pendant deux secondes, selon le règlement olympique.
Pendant tout ce temps, la lumière est allumée de la même façon dans tout la salle, que ce soit sur la scène ou sur le public. Les lutteurs-ses nous voient autant que nous les voyons, c’est un peu comme si nous participions aussi. Mais alors que l’échauffement s’achève et que les combats commencent, nous voilà maintenant plongés dans le noir. Ce jeu de lumière nous fait bien sentir que désormais, c’est sur eux et elles que l’attention doit se porter. Ce sont eux et elles qui nous guident, qui ont le savoir.
Trois interludes interrompent notre concentration, trois objets incarnés par Frédéric Baron. Un mannequin de cuir se met à parler et incite les lutteurs-ses à venir le frapper; une médaille se plaint d’avoir été reléguée au second plan sur l’étagère des victoires; enfin la balance qui constitue la première menace pour ces sportifs et ue source d’angoisse puisqu’elle déterminera leur catégorie de combat.

La lutte: un sport incontournable en Asie Centrale
Le champion du monde 2014 de lutte vient du club des Diable Rouges, une fierté. L’entraîneur du club, spécialisé en lutte gréco-romaine, est Arménien et un des lutteurs traduit ses instructions au reste du groupe: « on chahute, on commence à se faire chuter ». Moldavie, Arménie, Daguestan, Tchétchénie ou Azerbaïdjan: c’est de là que viennent les meilleurs lutteurs du monde. Les pays de l’ex-URSS sont friands de ce sport, très célèbre en Russie également, qui s’y pratique les jours de fête.
La narratrice nous interpelle dès lors en nous lisant un passage de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, nous explique que « nous devons des égards à la gravité ». Sans gravité, il est impossible de lutter.
Ce projet nous permet de rentrer dans la vie des Diables Rouges, le temps d’un entraînement. Nous apprenons à mieux connaître Andréa, Grigor, Issa, Nika, Théo, ou encore Ivan. Pourquoi est-ce qu’ils et elles luttent, contre quoi ou pour quoi ?
A l’image d’un lutteur du club qui a reçu il y a peu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) et dont l’objectif est désormais d’obtenir la nationalité française, afin de pouvoir participer aux prochains JO.

Jusqu’au 15 décembre, Théâtre de la Commune, Aubervilliers

Visuel: La Commune CDN Aubervilliers

Infos pratiques

Nue Galerie
Institut du Monde Arabe – IMA
Ozanne Tauvel

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