Théâtre

« Les Jeux de l’amour et d’Offenbach » : gloire au maître de l’opérette !

« Les Jeux de l’amour et d’Offenbach » : gloire au maître de l’opérette !

06 octobre 2016 | PAR Julien Coquet

Au Théâtre de Poche Montparnasse du 13 septembre au 6 novembre se tient un spectacle tout à fait réjouissant reprenant airs oubliés et moins connus d’Offenbach.

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Le grand Jacques Offenbach prépare une tournée en Amérique ! Mais problème: il lui manque une soprano et un baryton afin que la troupe soit complète… Ernestine et Alfred, anciens amants, se retrouvent justement par hasard à l’audition pour participer à la tournée. C’est le moment des retrouvailles qui passera par les chamailleries, les reproches, les regrets et peut-être, la renaissance du désir. Sous l’œil bienveillant de la pianiste accompagnatrice, Ernestine et Alfred échangent en chantant les airs du grand maître de l’opérette.Yves Coudray livre ici un spectacle tout à fait charmant en réunissant une vingtaine d’airs d’Offenbach en allant d’Une nuit blanche (1855) à La Fille du tambour major (1879). Comme le dit le concepteur de ce pasticcio (l’assemblage d’airs d’œuvres différentes afin de créer un nouvel ouvrage), la volonté était plus de créer un « dictionnaire amoureux d’Offenbach » plutôt qu’un catalogue d’airs très connus. On évite ainsi La Belle Hélène (1864), Les Contes d’Hoffmann (1881) (on attendra Bastille avec impatience), les airs les plus célèbres de La Vie parisienne (1866) mais on retrouve avec plaisir le duo de la mouche issu d’Orphée aux enfers (1858) lors du rêve d’Ernestine. La difficulté de ce type de spectacle est de rendre quelque chose de cohérent en évitant le pot-pourri. Yves Coudray y arrive très bien et, utilisant une grande partie des chansons d’Offenbach consacrées à l’amour, présente un livret où l’histoire se tient. Sa mise en scène, servie par les costumes de Michel Ronvaux, se veut très classique et presque sans accessoires. Dans ce Théâtre de poche Montparnasse, on se croirait dans une petite salle avignonnaise en plein festival ou même dans l’intimité d’un salon du Second Empire. La direction d’acteurs est intéressante, Ernestine et Alfred tour à tour se cherchant et se réconciliant à grands renforts de gestes. Durant une heure, ce couple séparé depuis une vingtaine d’années passe par de nombreuses émotions, du Couplets du rire (La Jolie parfumeuse, 1873) aux larmes de « Pourquoi ne puis-je voir » (Fantasio, 1872).

Les trois acteurs changent au fil des représentations mais pour ce qui est du mardi 5 octobre, nous avons eu la chance d’entendre Edwige Bourdy en Ernestine, Jean-Michel Séréni en Alfred et Erika Guiomar en Manuela et surtout, au piano. La première a une très belle voix et les aigus sont remarquables ! Son jeu d’actrice est aussi très appréciable grâce à une vraie palette d’expressions. Son partenaire à la scène, Jean-Michel Séréni est tout aussi passionnant à écouter et dévoile dès le début ses qualités avec le Rondeau du Colporteur issu de Le 66 ! (1856). Les deux ont une diction parfaite et l’on comprend tout, sans avoir besoin une seule fois de surtitres. Un seul bémol : dans les rares scènes où elle intervient, Erika Guiomar ne possède pas vraiment les qualités d’une actrice de théâtre mais ses prouesses au piano le font bien vite oublier ! Une conclusion sur ce spectacle ? Laissons les derniers mots à ce bon vieux Jacques !

« Oui, voilà, voilà la vie parisienne, du plaisir à perte d’haleine ! Oui, voilà, voilà la vie parisienne ! Voilà, voilà, le bonheur est là ! »

Visuel: Jean Pouget – Laura Dyens

Les Jeux de l’amour et d’Offenbach, Fantaisie lyrique sur des musiques de Jacques Offenbach

Texte et mis en scène: Yves Coudray

Avec

Edwige Bourdy ou Mélanie Boisvert (Ernestine, soprano)

Jean-Michel Séréni ou Lionel Peintre (Alfred, baryton)

Nina Uhari, Erika Guiomar, Sophie Teulon (Manuela, pianiste)

Costume: Michel Ronvaux

Du 13 septembre au 6 novembre au Théâtre de poche Montparnasse

Infos pratiques

Cité de l’Architecture et du Patrimoine
Flaq
Billetterie du Poche-Cedric

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