Théâtre
L’enchanteur Effet de Serge de Philippe Quesne

L’enchanteur Effet de Serge de Philippe Quesne

06 octobre 2015 | PAR Christophe Candoni

Créé en 2007, L’Effet de Serge tourne dans le monde entier depuis et vient de fêter sa 200e représentation à Nanterre-Amandiers, le théâtre que son formidable auteur et metteur en scène Philippe Quesne dirige depuis plus d’un an déjà. Tout au long de la saison, à raison d’une fois par mois, Serge recevra le public comme ses amis dans son salon-salle à manger pour présenter ses mini-créations. Il ne faudra manquer l’invitation sous aucun prétexte tant ce rituel dominical est un bonheur.

Tout semble plat et ennui dans le quotidien de Serge, à l’image de son pavillon de banlieue aux murs en placo blanc avec pour seule touche de gaieté la couleur violette de la moquette qui jure dans la neutralité générale. Serge mène une vie étale et invariante, s’adonne aux mêmes gestes répétitifs : regarder la télé, se servir un verre, allumer la chaîne hifi, mettre un cd, écouter et changer la musique, lire, manger, dormir sont les non-événements de son existence calme et morose.

Le dimanche soir, Serge montre à un public restreint d’amis émerveillés des micro-shows performatifs tout droit sortis de son invention. S’ils reçoivent l’admiration de tous, ce ne sont pas plus que des petits numéros bricolés, des effets lumineux et musicaux dérisoires et drôlement farfelus, apparemment sans qualité, sinon celle d’offrir un peu de plein dans une existence vide. Gaëtan Vourc’h, un acteur fétiche de Quesne, joue excellemment cet être apparemment banal mais plein de ressources, à la fois bidouilleur anodin et génial créateur qui à sa manière, transforme, transcende sa vie, la vie.

Avec L’Effet de Serge, Philippe Quesne signe un bijou d’humour absurde et de poésie insolite. On y retrouve toute sa fantaisie lunaire et drolatique. La fable est aussi simple que nécessaire, belle et consolante, un véritable antidote à la morosité. Sans moquerie, sans cynisme, elle valorise l’expression humble et tranquille de soi et célèbre la créativité comme moyen essentiel de réenchanter notre rapport au monde.

Les 4 octobre, 22 novembre, 12 décembre, 13 décembre 2015, 7 février, 13 mars, 3 avril, 10 avril 2016 à 18h. Photo © Martin Argyroglo

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